Chronique sur l’itinérance: un chien sur le trottoir

Caroline Leblanc

L’itinérance présente son lot de difficulté, mais d’y vivre accompagné d’un animal de compagnie demeure un double de défi.

Dans un monde idéal, sa présence devrait être acceptée auprès des organismes qui œuvrent auprès des personnes itinérantes, mais c’est loin d’être le cas. Bien que certains organismes reconnaissent le côté bénéfique d’une telle relation, son inclusion peut devenir complexe.

Trop souvent, les organismes ont des effectifs limités pour remplir leur mandat de base. Lorsqu’une personne itinérante décide de prendre sous son aile un animal, sa présence lui procure non seulement un amour inconditionnel, mais la confronte aussi à vivre une épreuve pour avoir recours aux services tels que des soupes populaires, les services de la santé et des services sociaux et l’hébergement.

Actuellement, le seul endroit pour dormir dans la métropole qui accepte les animaux de compagnie est l’organisme Le Bunker pour les personnes de moins de 25 ans, ainsi que les haltes-chaleur qui ouvrent leurs portes à partir de -20°C. Imaginez-vous, par cette température, dormir dans une entrée d’immeuble d’où l’on vous demande de partir en plein milieu de la nuit?

Mais les défis ne s’arrêtent pas là. En étant continuellement exposées dans l’espace public, les personnes itinérantes avec un animal de compagnie sont davantage ciblées par des contraventions pour la fréquentation d’espaces verts interdisant un chien sans laisse et ni médaille.

Actuellement, dans la métropole (et ailleurs au Québec), le maire Coderre et son administration sont devenus proactifs dans l’obtention et le contrôle de médaille pour animaux. Cependant, les personnes itinérantes n’ont pas nécessairement l’adresse ou la situation économique nécessaires pour l’obtenir. Outre cette exigence que nombreux ne peuvent satisfaire, certaines d’entre elles ne sont simplement pas au courant, car elles ne sont que de passage dans la ville.

Certains individus se demandent pourquoi les personnes itinérantes n’abandonnent pas leur animal pour combler leurs besoins de base tels que manger et dormir. D’autres auront de la compassion envers l’animal et son maître, car ils reconnaissent l’importance d’un tel lien.

Encore de nos jours, les personnes itinérantes vivant avec un animal de compagnie restent un phénomène que nous voyons au quotidien, mais qui demeure incompris. Peu de réflexions ont été approfondies sur cette réalité que vit ce fragment de la population itinérante.

Cette relation n’est sans aucun doute pas prise en compte sous tous ses aspects et cela nous empêche de la considérer à sa juste valeur avec ses défis et ses bénéfices. Les humains en première ligne, oui! Mais quand commencerons-nous, en tant que société, à valoriser l’animal dans nos interventions auprès des personnes itinérantes?

Soyez le premier à commenter