Danseurs et musiciens: des cerveaux physiquement différents

Delphine Caubet

La journaliste Pauline Gravel rapportait dans Le Devoir en 2016 que les musiciens et les danseurs ont une structure de cerveau différente des quidams. Mieux encore, la structure entre musiciens et danseurs n’est pas non plus la même.

Des années d’entraînement intensif ont des effets sur le corps, et le cerveau n’y échappe pas. En examinant la matière blanche du cerveau de musiciens, de danseurs et d’individus sans formation en musique ou danse, les chercheurs du Laboratoire international de recherche sur le cerveau ont constaté des différences significatives dans trois régions stratégiques du cerveau.

D’après Le Devoir: «Les chercheurs ont alors remarqué que les changements structurels qu’ils avaient observés dans le cerveau des danseurs et des musiciens étaient étroitement liés à leur habilité dans leur art respectif. Ainsi, meilleur était le danseur, plus les faisceaux de fibres blanches de son cerveau rayonnaient dans les différentes directions. Inversement, meilleur était le musicien, plus ces mêmes faisceaux étaient robustes dans une direction préférentielle.»

En somme, le cerveau s’adapterait pour que l’information transite le plus rapidement possible jusqu’à destination. Un musicien utilisant ses mains, avec les années d’entraînement, son cerveau s’adapterait pour solidifier les faisceaux apportant l’information. Les chercheurs ont constaté que les danseurs avaient une structure renforcée dans plusieurs directions, contrairement aux musiciens. Constatation logique puisque les danseurs utilisent toutes les parties de leur corps, et donc des régions cérébrales variées.

Ce phénomène est appelé la plasticité du cerveau. Contrairement à ce que l’on pensait autrefois, le cerveau n’est pas stable une fois sa maturité atteinte. Il se modifie et s’adapte en fonction de ce qu’il vit, qu’il s’agisse d’entrainement ou d’événements traumatiques.

A propos Mélina Soucy 39 Articles
Éternelle indécise, je me suis tournée vers le journalisme, car je n'arrivais pas à choisir entre une carrière d'auteure ou de femme de sciences. Pour satisfaire mon insatiable curiosité, j'ai donc fait un baccalauréat en journalisme à l'UQAM. Passionnée de culture et d'enjeux sociaux, j'ai couvert de tout pendant ces trois années. J'ai pu me spécialiser en culture en écrivant et en étant rédactrice en chef du magazine le Culte, ainsi qu'en couvrant l'actualité artistique montréalaise pour Atuvu.ca. Les questions féministes et progressistes sont mes sujets de prédilection.

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