Georges Dutil

georges-dutil-bistro-ste-cathLors d’une entrevue en 2014,  Isabelle Courteau (directrice de la Maison de la poésie de Montréal) m’avait annoncé un fait que je pressentais déjà : il n’y a jamais eu autant de poètes actuellement au Québec et en France.

Si nous lisons entre les lignes, le domaine des arts (celui de la poésie en l’occurrence) se porte bien, nous avons des artistes en masse. Je pense même que nous pouvons extrapoler cette affirmation à beaucoup d’autres domaines artistiques. Comme la chanson, la peinture et la photographie.

Il est certain que la nombre d’artistes dans la province est un indicateur intéressant, mais un autre l’est plus encore. Combien gagnent-ils? Peuvent-ils vivre de leur art ? Après tout, notre valeur en tant que société se reflète en fonction de notre traitement de certaines catégories de la population. Comme les artistes.

Georges Dutil est un photographe de renommée dans la province. Il a travaillé pour de nombreux magazines notamment Châtelaine, 7 jours, le Magazine des affaires, Paris Match, sans parler de ses innombrables autres contrats tels que les pochettes d’album (dont Samantha Fox) et des expositions à Paris et New York.

L’homme a de la polyvalence et de la bouteille, avec 50 ans  de métier et les plus grands noms du Québec passés devant son objectif, on ne la lui fait pas. Pendant plusieurs années, il a eu son propre studio photo. « Quand les gens rentraient dans mon studio, ils savaient que quoi qu’ils me disent, cela ne sortirait jamais. Et c’est pour ça que j’étais apprécié. » L’homme entretient ses relations.

Bref, pour Georges Dutil tout va bien. Il connait du monde et le monde le connait. Après tout, n’est-ce pas comme ça que ces milieux fonctionnent ? Il semblerait qu’aujourd’hui, les choses ne soient plus aussi simples et pas dans le bon sens.

Depuis le début de l’année 2015, Georges Dutil est un intime du Ste-Cath. Il ne se passe pas un spectacle où l’homme et son objectif ne soient présents et où il inonde les réseaux sociaux de ces clichés des soirées. Georges se sent à la maison au Ste-Cath et la relation est réciproque.

Début 2015, Georges a une opportunité exceptionnelle : aller en France pour exposer des photos sur Hochelaga-Maisonneuve. L’organisatrice est tombée amoureuse des clichés du Québécois.

Tout était offert à Georges : le logis, le couvert… sauf le billet d’avion. Mais bon, pour un talent tel que Georges, un billet Montréal-Paris pendant l’hiver, ce n’est pas grand-chose.

Ben, ben… ben, non. C’est quelque chose. Georges ne peut pas se l’offrir. Sur le bord de refuser une telle proposition, il fait la rencontre de Raymond Viger qui lui propose d’organiser une soirée-bénéfice en son honneur. Plusieurs de ses amis seront présents et offriront des performances pour dynamiser la soirée. Soirée qui fut un succès au point de récolter davantage d’argent qu’il n’en était nécessaire !

Si le dénouement est heureux, le constat est sévère : comment un professionnel de la photo peut refuser de telles offres par manque de fond ? Et cet exemple est léger comparé au combat quotidien pour payer les factures…

« Au Québec, nous avons une piètre opinion de la culture, explique Georges. On veut que les compagnies viennent, ce qui est bien, mais il n’y a pas que ça. La culture est la colonne vertébrale d’un peuple. Un jour, un ministre de Churchill lui aurait proposé de couper dans les dépenses de la culture pour financer la guerre, et il aurait répondu “Mais pourquoi se battre alors ?”. Notre culture est notre identité. »

Voici en quelques mots, comment George résume sa pensée sur la situation de la culture au Québec.

S’il reconnait l’abondance d’artistes (ou d’autoproclamés artistes), il regrette le traitement accordé aux œuvres. Lui qui vend parfois ses œuvres en petit format pour 20$ ne décolère pas quand on lui répond que c’est trop cher. « Il y a tellement de travail par derrière. Moi, je peux passer 12h à retravailler une photo. Pour les artistes de scène, c’est la même chose. On voit une performance de quelques minutes, mais il y a des années de préparation derrière. » Un artiste comme tout un chacun travaille des semaines, voire des années, pour être prêt le moment venu.

Georges peut passer plusieurs heures à retravailler ses photos après le shooting. Si le photographe est un ancien du métier, ses méthodes sont pour le moins moderne : il les retouche sur Photoshop pour leur donner des couleurs saturées et exubérantes. Ces modèles sont bien souvent dans la même veine pour celui qui aime tant photographier le burlesque. Mais attention, sur ses retouches, hors de question d’enlever ou d’ajouter des éléments. Le fond de la photo reste le même, après il peut travailler plusieurs heures pour jouer avec les lumières et les couleurs.

Dans la popularisation des téléphones intelligents et des amateurs de photo, Georges n’y voit pas un problème fondamental, mais ce qui le fait sortir de ses gonds est de donner son travail. Un de ses amis faisait de la photographie amateur et donnait ses clichés. « Je lui ai demandé s’il me respectait. Il me dit que oui. Mais alors pourquoi il ne vend pas son travail ? Même si c’est un prix moins élevé. Il faut arrêter de donner des images. Donner n’apporte pas de travail. »

De son voyage à Paris, Georges a ramené de nombreuses photos qui ont été en exposition au Ste-Cath durant l’été 2015.

« Quand j’étais à Paris et que je me suis trouvé devant la tour Eiffel, je me suis dit que des milliards de photos avaient été prises de ce monument. Pas des millions, mais des milliards. Mais j’y suis allé en me faisant confiance, on verra bien le résultat. » Et le résultat a été spectaculaire. Le vernissage de l’exposition a été fait le 14 juillet, jour de la fête nationale française, et plusieurs expatriés de l’ancien continent l’ont affirmé à Georges : ses photos de la Tour Eiffel sont uniques. Ils n’avaient jamais vu ça ! On ira même jusqu’à lui suggérer de vendre ses clichés aux offices du tourisme parisiennes. Voilà qui en dit long sur le travail de cet homme.

Georges Dutil fait de la photo depuis 50 ans, un métier qui le surprend perpétuellement et dont il n’arrive jamais à bout.

En tant que professionnel, il a vu la descente aux enfers des conditions de travail. Pour un même magazine, il fut congédié deux fois… mais aussi réembauché deux fois, dont une troisième tentative qu’il déclina. « S’ils m’ont repris, c’est que mon travail ne devait pas tant leur déplaire que ça », ironise-t-il. Mais lors de la dernière rencontre avec l’éditeur, les conditions de travail atteignent un sommet de bassesse : ils veulent le réengager à la pige, sans compensation, après leur avoir donné 15 années de travail à temps plein.

« Avant la séance, on se fait une idée dans la tête, un plan. Mais lorsque la personne arrive, on peut s’apercevoir que ça ne marche pas. Il faut discuter avec la personne, la mettre à l’aise tout en réfléchissant pour trouver une alternative. » Temps et énergie qui ne sont pas pris en compte dans l’achat de la photo. « Ma plus grosse erreur a été de sous-évaluer mon travail. Quand on fait un travail, on doit être rémunéré pour cela. »

Artiste ou salarié, tout travail mérite salaire.

Le Bistro socialement engagé

Avec son ambiance chaleureuse et sa cuisine mariant terroir et création, Bistro Le Ste-Cath offre une scène culinaire et artistique de choix.

Que les artistes soient issus des arts visuels ou littéraires, underground ou conventionnels, le Bistro sera le point de rencontre des arts à Montréal.

Son personnel accueillant aura à cœur de vous faire vivre la plus agréable des expériences. Profitez de sa terrasse et de sa salle pour apprécier l’ambiance et les spectacles.

Bistro Le Ste-Cath est idéal pour les soupers entre amis, les mariages, dîners d’affaires…

100% des profits reversés

Bistro Le Ste-Cath est le nouveau né de l’organisme communautaire Journal de la Rue.

Actif depuis près de 25 ans dans l’intervention auprès des jeunes marginalisés, l’organisme s’est diversifié au fil du temps pour devenir également une couveuse d’artiste.

Sa galerie située au Café Graffiti, au 4237 rue Ste-Catherine Est, est également un milieu de vie pour les jeunes. Qu’ils fassent de la danse, du graffiti, de la musique… tous y trouvent une place pour s’exprimer.

Au fil du temps, l’organisme a évolué pour soutenir les jeunes et les a aider à se professionnaliser. Aujourd’hui, ils produisent, exposent… et sont reconnus dans leur domaine !

Bistro Le Ste-Cath est la continuité naturelle du Journal de la Rue.

Raymond Viger, directeur général : « Manger au Bistro Le Ste-Cath permet de soutenir l’intervention auprès des jeunes. 100% des profits sont reversés au Café Graffiti. »

La prise de la Bastille par Georges Dutil

Après avoir exposé à Versailles, le photographe professionnel Georges Dutil nous revient de France. Georges a su vendre les escaliers et l’architecture d’Hochelaga-Maisonneuve aux Français.

Catherine Avoine; Georges Dutil, La voix et le Ste-Cath

Une chanteuse qui a aussi été présente sur les planches du Bistro le Ste-Cath pour montrer son soutien au photographe Georges Dutil qui représentera Hochelaga-Maisonneuve à Paris.

Georges Dutil présente Hochelaga-Maisonneuve à Versailles

Des contacts ont déjà débuté avec des galeries et des personnes influentes qui aideront Georges à finaliser des ententes de ventes, de visibilité et pour lui permettre une continuité sur le vieux continent.

Angélique Duruisseau sous la caméra de Georges Dutil

Le 29 novembre dernier, le photographe Georges Dutil est venu rincer l’oeil de sa caméra pour le spectacle d’Angélique Duruisseau au Bistro le Ste-Cath.

Café Graffiti et le Ste-Cath: 25 ans d’histoire

Ce livre présente les principaux évènements que l’organisme a traversé et parle avec émotions et réalisme de la réalité de l’intervention auprès des jeunes.

Autres dossiers complémentaires

Bénévolat

Commerce équitable