La différence: moteur de succès

RAYMOND VIGER https://raymondviger.wordpress.com/

Plusieurs raisons font de moi un être différent. Je suis dyslexique. Je ne l’ai appris que très tard dans ma vie. Parce que ma mère m’avait appris à lire, à écrire et à compter avant de faire ma première année, j’ai été un premier de classe. Cela m’a permis de toujours étudier par moi-même à l’avance la matière à apprendre.

Maîtrisant le contenu des cours, j’ai sauté quelques années. Étant le plus jeune, j’étais différent des autres. Physiquement, j’étais aussi le plus grand.

J’étudie et je travaille différemment. J’ai développé des techniques d’organisation et de classement de l’information qui me permettent de bien m’organiser et de performer tout en étant dyslexique.

Être différent c’est la seule façon d’être moi-même. Je ne rentre pas dans les moules préconçus. Je suis différent et je suis fier de mon unicité. Être moi-même, c’est m’aimer tel que je suis. Être un meneur, c’est assumer que l’on soit original et unique. Nos différences nous amènent à considérer que le consensus est impossible. On ne peut pas «devenir quelqu’un» en faisant comme tout le monde…

Pourtant, la différence est souvent vue comme étant un problème. Peur d’être incompris, de se retrouver seul et rejeté, plusieurs préférons rentrer dans le rang au lieu d’exprimer et d’assumer sa différence. Pourquoi ne pas aimer nos différences et celles des autres? Il faut assumer que certaines personnes vont nous regarder de travers.

Être unique, c’est aussi être seul face au monde, c’est de ne ressembler à rien déjà existant. Ce que les autres font ou pensent de nous ne devrait pas avoir d’importance.

Éducation et différence
Comment le monde scolaire devrait réagir vis-à-vis toutes ces différences? Comment les gérer pour qu’elles soient source d’épanouissement et non pas une cause d’échec?

Il existe plusieurs façons d’apprendre. L’école a le mandat de scolariser nos jeunes et de s’adapter à ces différences. Il faut faire confiance aux enseignants pour utiliser les méthodes d’apprentissage nécessaires pour y arriver. Tant que le ministère de l’Éducation tentera d’imposer sa norme à tous, nous nous retrouverons avec des jeunes en situation de perpétuel échec.

Différence au travail
Certains jeunes sont habiles avec leurs mains. Construire une maison, la réparer, l’entretenir n’est pas un problème. Mais écrire une phrase en bon français demeure une expérience ardue et extrêmement pénible.

Il y a des jeunes qui pourraient trouver un travail adapté à ce qu’ils sont. Mais au lieu de les encourager et d’accepter leur différence, nous tentons de les scolariser… comme tout le monde… avec des méthodes uniques. On les retrouve ensuite dans des classes de cheminement particulier.

Plusieurs de ces jeunes finissent par décrocher. Sans diplôme et sans métier. Pourtant, si on leur avait laissé l’opportunité de trouver et de vivre leur passion, ils auraient pu s’accomplir et devenir des citoyens à part entière. Tout ça parce que le ministère de l’Éducation considère qu’il faut un Secondaire 3 pour ensuite avoir le «privilège» d’apprendre un métier.

Les Inuits
J’ai enseigné pendant 5 années dans le Grand Nord auprès des Inuits. C’était à moi de m’adapter à leur façon d’apprendre. Les Inuits ont une tradition orale plus grande qu’écrite. C’est pourquoi ma vision de mon enseignant auprès d’eux a été de leur présenter la matière et que, sans prendre aucune note, que la matière soit sue et comprise.

Et c’est ainsi que nous avons pu les diplômer en Travail social avec l’Université McGill.

«La démocratie ne consiste plus à s’engager à ce que tous soient égaux, mais à ce que chacun puisse être différent, tout en étant traité également.» Shimon Peres; ancien président de l’État d’Israël.

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