Poésie: le Dieffenbacchia

Le dieffenbacchia

Raymond Viger    Dossiers Croissance personnelleLivres

Dans le tumulte de ton quotidien, parmi tous ces cris et
ces téléphones, as-tu déjà pris le temps de regarder pousser
une feuille de dieffenbachia? Si tu savais tout l’enseignement
que tu peux y trouver.

Cette plante est dotée d’une résistance extraordinaire.
Quand tu n’as plus la tête à t’occuper de tes plantes,
que tu oublies de leur donner leur lumière quotidienne,
que tu ne sais plus si elles manquent d’eau ou si tu leur en
donnes trop, le dieffenbachia réussira à survivre malgré ta
négligence. Même quand tu veux t’en défaire, inévitablement
il te reviendra.

Tous les matins en commençant ta journée,
tous les soirs en terminant ta journée, prends le temps
de l’examiner attentivement. Que ce temps soit pour toi un
temps de réflexion. Écoute sa souffrance qui est la tienne.

Si tu juges qu’il a le tronc tout tordu, si tu ne sais plus
dans quel coin ou sur quoi l’accoter parce que tu juges que
son tronc n’est pas assez solide pour se tenir debout seul,
arrête de te juger! Prends-toi en main. Prends les outils
nécessaires pour te solidifier et bien t’enraciner.

Prends le temps maintenant de regarder pousser une
feuille. La nouvelle pousse devient immédiatement la plus
belle, la plus verte et la plus haute. Dès que celle-ci
commence à s’étirer, la plus vieille, celle qui est la plus
basse, commence à jaunir et perdre de sa vigueur.
Un vieux souvenir s’efface pour faire place aux idées
nouvelles. N’arrache pas toutes les feuilles pour faire place
à ton changement. Laisse faner tranquillement ton plus vieux
souvenir. Il saura de lui-même quand sera venu le moment
de disparaître.

Tous les matins, en commençant ta journée, tous les
soirs en terminant ta journée, prends le temps de méditer
sur ton dieffenbachia. Quand tu auras atteint sa sagesse
et son calme, donne-toi le droit de faire de la place
dans la paix.

Dédié à Manon Mailloux,
À qui j’ai offert un dieffenbachia
Et qui, je sais, en prendra mieux soin que moi.

Dédié à mon dieffenbachia,
À qui j’ai fait subir
Sept années de ma vie,
Mais qui a enfin réussi
À se prendre en main.

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