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Funbusy, de l’enfer à l’espoir

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Chantal Lee est écrivaine et peintre. La vie n’a pas toujours souri à cette femme : une enfance bouleversée par les abus sexuels, la violence physique et morale; une enfance marquée par une faible estime de soi. Atteinte d’une maladie incurable, elle s’est toujours évertuée à donner le meilleur d’elle-même. C’est cet espoir et cet amour de la vie qu’elle souhaite transmettre à ses lecteurs.

Un texte de Enora Perez – Dossier Culture

Funbusy est le nom de plume qu’a créé l’écrivaine quand elle était malade. Elle a relié deux mots anglais «fun» pour plaisir et «busy» pour occupée, parce qu’elle éprouve du plaisir quand elle est occupée.

Les stigmates de l’enfance

Née en 1971, Chantal grandit dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Elle ne vit pas avec ses parents, mais chez une femme qui l’intimide et dont le mari abuse d’elle. À l’âge de 10 ans, trois personnes l’ont déjà touchée. Dans sa vie adulte, elle sera victime de violence conjugale avec trois conjoints différents. Elle connaîtra deux ans de déchéance durant lesquelles elle consomme de la drogue tous les jours et à toute heure. En 2001, elle s’en sort à l’aide d’une thérapie.

Chantal a toujours montré de l’intérêt pour les arts et les lettres. À l’école, ses professeurs l’encouragent et elle gagne divers concours en écriture et en peinture. Au contraire, la femme mesquine qui l’élève mine sa confiance en elle et la démolit moralement. Lorsqu’un jour Chantal, alors âgée de quatorze ans, revient à la maison avec un nouveau prix sous le bras, les critiques de la marâtre réussissent à la décourager presque définitivement. Elle ne renouera avec l’écriture qu’en 2001, motivée par ses proches.

De 11 à 17 ans, Chantal fait partie des cadets de la marine, où elle rejoint le deuxième régiment d’artillerie légère. Elle entre dans les forces armées à 18 ans et y passe douze mois, dont les six derniers en entraînement intensif. Toutes ces expériences l’aident à acquérir une certaine discipline de vie, mais son conjoint de l’époque la violente et l’oblige à revenir auprès de lui. Après cette expérience, elle préférera se consacrer à l’éducation de ses enfants.

Sournoise maladie

L’écrivaine vit avec une maladie rare, grave, dégénérative, incurable et auto-immune : la maladie de Behçet. Sa vie bascule quand elle apprend qu’elle en est atteinte. «J’ai mis 5 ans avant de réellement l’accepter», avoue-t-elle. À 32 ans, elle est déclarée inapte à s’occuper de ses enfants et se voit refuser leur garde par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Elle considère sa maladie comme un calvaire. Elle vit avec des douleurs constantes tous les jours. Ce sont les grosses articulations qui sont atteintes et elle a de la difficulté à bouger. Elle qui, jusque-là, était très sportive voit peu à peu diminuer sa mobilité. Elle pouvait encore faire de la bicyclette il y a trois ans. La maladie l’empêche de pratiquer beaucoup d’activités comme sortir en plein air. Elle n’a pas d’énergie, elle est toujours épuisée, tout le temps malade. Ainsi, elle perd peu à peu son autonomie.

Aujourd’hui, elle ne peut plus vivre seule et habite en résidence. Elle se rapproche inéluctablement de l’usage du fauteuil roulant. En dépit de tout, elle souhaite se rendre utile et a proposé de créer un atelier de peinture. Plusieurs personnes de la résidence y ont adhéré. Chantal leur apprend des techniques qu’elle a inventées à un moment où elle était paralysée. Grâce à cet atelier, elle peut transmettre sa passion pour la peinture. Quand elle peint, elle ne reproduit pas ce qu’elle voit. Ce qu’elle dessine sur ses toiles sort de son imagination. Elle commence un trait puis laisse aller sa fantaisie. L’une des couleurs qui prédominent est le mauve, qui symbolise la sérénité. Le vert, seconde couleur prévalente, représente la nature. Dans un genre totalement abstrait, Chantal révèle ses émotions. Même si l’aquarelle est sa force, elle a commencé l’acrylique. Ses toiles lui permettent de s’évader.

Art rédempteur

Si elle reprend goût à l’écriture en 2001, grâce à sa thérapie, c’est en 2009 qu’elle recommence à peindre. Retour salutaire, puisque les gestes que la peinture requiert lui ont permis de recouvrer 75% de l’usage de sa main à un moment où elle risquait d’être paralysée. Lorsqu’elle découvre le Café Graffiti, c’est le début d’une fabuleuse expérience. L’organisme l’invite à participer à quelques ateliers de poésie durant lesquels la jeune femme prend plaisir à partager son amour de la poésie et de l’écriture. En plus, le Café la soutient dans la publication de son recueil. En effet, Chantal a le désir de se faire publier parce qu’elle se rend compte que ses mots ont un impact sur la vie des gens. «Si je peux aider le plus de gens à avoir confiance en eux, peu importe ce qu’ils vivent dans leur vie, tant mieux, dit-elle en souriant. J’aurai fait quelque chose de bien.»  Soutenue et encouragée par ses lecteurs, la sortie de son recueil de poèmes l’a aidée à reprendre confiance en elle et à réaliser un rêve.

Tout comme la peinture, l’écriture a changé sa vie. Cette discipline l’a aidée à extérioriser ce qu’elle ressentait, mais n’arrivait pas à dire. Même si elle vit des choses difficiles, elle est parvenue à se concentrer sur le positif, plutôt que le négatif. «L’écriture me permet de découvrir le monde que j’ai en moi et de le communiquer à d’autres, assure-t-elle. Je peux leur transmettre l’espoir et l’amour de la vie.»

Actuellement, elle tente d’amasser des fonds pour la sortie de ses trois prochains livres. L’un d’eux sera un recueil de poésie qui suivra son livre déjà publié. Elle a également terminé l’écriture d’un recueil pour la croissance personnelle et travaille toujours sur un recueil de pensées positives. Pendant le lancement de ses livres, elle souhaite aussi faire connaître ses toiles et commercialiser sa chanson, Le rythme de l’espoir.

Même si la vie ne lui a pas souri, Chantal n’a jamais cessé de se battre. Aujourd’hui, ses passions lui servent à s’exprimer et à clarifier son ressenti. Malgré toutes les épreuves qu’elle a subies, elle souhaite faire partager son amour pour la vie et que ses lecteurs retrouvent confiance en eux. L’artiste cherche à transmettre son intérêt pour la peinture et l’écriture, deux disciplines qui l’ont aidée à tenir. «Je veux que chacun découvre le soleil qui brille en lui pour que sa personnalité puisse grandir», conclut-elle.

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