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Capsule de français : Et c’est le but!

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« Il s’approche du goal avec la puck et he shoots, he scores! » Sans la francisation du vocabulaire du hockey, cela pourrait être la façon actuelle de commenter une partie. Voici comment tout a commencé.

Un texte de Paméla Vachon – Dossier Éducation

Le hockey, né aux environs de 1855, s’est rapidement popularisé dans l’est du Canada, entre autres grâce aux militaires irlandais et écossais qui s’y adonnaient dans les ports de Kingston en Ontario et d’Halifax en Nouvelle-Écosse. Ce sport a ainsi fait son chemin jusqu’au 3 mars 1875 où a eu lieu une partie de ice-hockey au Victoria Skating Rink de Montréal opposant deux groupes d’étudiants de l’Université McGill. Lors de cette partie, les règlements ont été écrits en anglais, comme il s’agissait d’un nouveau sport et d’un milieu étudiant anglophone. Quoi qu’il en soit, cela n’a freiné en rien la propagation fulgurante de ce sport au Québec, y compris chez les francophones. Ainsi, à cette époque, c’était en utilisant des termes anglais comme net (filet), puck (rondelle) et goal (but) qu’on jouait au hockey. Toutefois, à peine quelques années plus tard, le besoin s’est fait sentir chez les francophones de posséder leur propre vocabulaire du hockey sur glace.

C’est ainsi qu’ont émergé les premières tentatives de francisation des termes anglais du hockey. De nos jours, la tâche de franciser un lexique revient généralement aux instances gouvernementales comme l’Office québécois de la langue française. Mais ça n’existait pas à l’époque. Ce sont donc des membres de la population québécoise qui ont pris l’initiative de le faire. Cependant, les premiers efforts d’adaptation de ce vocabulaire ne se sont pas faits de façon unanime.

De plus, ce ne sont pas toutes les tentatives de francisation qui ont eu du succès. Ainsi l’abbé Étienne Blanchard, en 1917, a fait plusieurs suggestions comme gouret pour hockey (le sport), gauleur pour goaler et crosse, canne ou bâton de gouret pour hockey stick. Comme vous pouvez le constater, ces mots n’ont pas été adoptés. Néanmoins, Blanchard a aussi fait la promotion de rondelle pour remplacer puck et de filet pour remplacer net, qui eux sont d’utilisation courante aujourd’hui. Puis, en 1953, le commentateur sportif René Lecavalier est venu changer la donne. Ce dernier, qui aimait beaucoup la langue française, avait constaté le manque de termes français pour décrire les réalités du hockey sur glace. Il s’est donc fait une mission d’en créer lui-même et de les utiliser lors de sa description des parties diffusées à la télévision. Comme la télévision venait d’être créée et qu’il y avait à l’époque peu de postes disponibles, tout le monde regardait la
télédiffusion des parties de hockey à Radio-Canada. De la sorte, les néologismes de Lecavalier tels que mise en échec, faire une incursion en zone adverse et la célèbre phrase “Et c’est le but!” ont été adoptés par les téléspectateurs et les journalistes au point de devenir des mots et des expressions encore en usage aujourd’hui. En France, on a plutôt opté pour palet et crosse pour désigner la rondelle et le bâton de hockey.

Cette histoire, qui est celle de la francisation du vocabulaire du hockey, témoigne d’un ardent désir de la population québécoise de refléter ses valeurs et sa langue à travers un sport qu’elle adore. Comme quoi le hockey, c’est plus que du sport!

27 capsules sur les difficultés de la langue française sont présentées par l’humoriste Fred Dubé.

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