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Capsule de français : Steak, blé d’Inde, patates : qui suis-je?

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Le pâté chinois est servi sur les tables québécoises depuis déjà près d’un siècle. Mais quel est le secret de ce plat typiquement québécois? En fait, le mystère réside dans son origine! En effet, jusqu’à aujourd’hui, personne n’a réussi à retracer avec certitude d’où vient le pâté chinois, aussi connu sous la variante anglaise shepherd’s pie. Bien que plusieurs hypothèses fusent quant à sa provenance, rares sont celles qui tiennent la route.

Un texte de Paméla Vachon – Dossier Éducation

Parmi ces théories, on retrouve celle où le pâté chinois aurait été conçu au XIXe siècle lors de la construction du chemin de fer pancanadien, le Canadien Pacifique, afin de nourrir les nombreux travailleurs à peu de frais. À cette époque, on servait donc à ces ouvriers majoritairement d’origine asiatique les aliments peu coûteux que sont le bœuf haché, le maïs et la pomme de terre. C’est ainsi que l’habitude d’assembler ces trois ingrédients aurait vu le jour et que les travailleurs d’origine canadienne-française œuvrant également sur les chantiers auraient ramené chez eux cette recette maintenant adorée. Toutefois, cette histoire est démentie en raison du fait que les ouvriers asiatiques se nourrissaient principalement de riz et de soya.

Néanmoins, il existe une théorie plus crédible affirmant que le pâté chinois proviendrait de la ville de South China, dans l’état du Maine, où la China pie était une spécialité locale. Dans cette version des faits, de nombreux Canadiens-français auraient émigré dans cette ville en pleine révolution industrielle en raison de la pénurie de travail qui frappait le Québec à la fin du XIXe siècle. Par conséquent, ils auraient adopté et traduit ce mets par l’appellation pâté chinois. Cependant, cette hypothèse ne passerait pas non plus le test historique, car le pâté chinois ne serait apparu que dans les années 1930 au Québec, ce qui est beaucoup plus tard que ce que cette théorie prétend.

Steak, blé d’Inde, patates. Pas si compliqué, me direz-vous? Pourtant, cette recette a donné du fil à retordre à Thérèse, personnage fictif de la populaire série québécoise La Petite Vie dans les années 1990. En réalité, c’est de là que nous provient l’expression désormais figée steak, blé d’Inde, patates, car, alors que Thérèse n’arrêtait pas de se tromper dans sa quête de créer le parfait pâté chinois, les autres personnages lui répétaient sans cesse cette formule pour lui indiquer le mode de préparation. Ainsi, steak, blé d’Inde, patates a marqué l’imaginaire québécois et est resté une formulation privilégiée afin de décrire ce mets. Cela explique pourquoi on utilise cette forme plutôt que boeuf, maïs, pommes de terre qui énumère pourtant tout aussi bien les composantes du pâté chinois, d’ailleurs déclaré plat national du Québec en 2007. À cela s’ajoute le fait que steak, blé d’Inde et patate sont des noms usuels, c’est-à-dire des noms dont l’emploi est plus spontané dans la langue de tous les jours. De ce fait, cette suite de noms reflète bien le côté familier et accessible à tous du pâté chinois.

Enfin, que vous dégustiez le pâté chinois avec ou sans ketchup, l’important c’est que tous profitent de ce mets national à l’origine mystérieuse.

27 capsules sur les difficultés de la langue française sont présentées par l’humoriste Fred Dubé.

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