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La communauté gaie masculine est-elle plus sensible à la cause féministe que la communauté hétérosexuelle masculine ?

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Le féminisme est une cause tendant vers l’égalité entre les hommes et les femmes. Mais notre propre orientation sexuelle influence-t-elle notre position face à cet enjeu ? Se pourrait-il, par exemple, que les hommes homosexuels soient plus susceptibles de se joindre à cette cause ?

Un texte de Sarah Langot – Dossier Sexualité

D’après une étude effectuée par les chercheurs Mary E. Kite et  Bernard E. Whitley en 1996, les hommes hétérosexuels seraient plus cruels envers les hommes homosexuels qu’envers les femmes. Les deux partis peuvent ainsi trouver un point d’entente dans un combat contre les discriminations qu’ils subissent. Suite à cette conclusion, nous avons mené notre propre enquête en réalisant des entretiens avec des hommes hétérosexuels et homosexuels ayant en moyenne 22 ans. Ils nous ont fait part de leur rapport à la cause féministe. Ces témoignages rendent compte d’une différence concernant la sensibilisation et le point de vue des hommes en fonction de leur orientation sexuelle. Bien sûr, ces cas n’illustrent pas l’opinion de l’entièreté de la population. Cependant, ils n’en demeurent pas moins pertinents si l’on s’intéresse aux points de vue des individus qui constituent notre société.

« Des combats inutiles se voulant progressistes »

Titouan est un homme hétérosexuel. Il se considère comme étant favorable à un « féminisme qui tend vers l’acquisition des mêmes droits pour les hommes et les femmes ».  Néanmoins, il conteste la valeur de  certaines revendications féministes comme : l’imposition de quotas, la discrimination positive et la reconnaissance des travailleuses du sexe. Il les qualifie de combats inutiles se voulant progressistes. Lorsqu’il entend parler de sexisme, ce sont les remarques à l’égard des femmes qui l’interpellent le plus. Il trouve aussi désolant le fait que les femmes se voient encore refuser l’accès à certains métiers même si cela arrive rarement selon lui. Par contre, il est très attaché aux blagues sexistes et dit qu’il n’arrêtera jamais d’en faire.

« Je suis allié du féminisme, ou du moins j’essaie de l’être »

Romain, également hétérosexuel, affirme être allié de la cause féministe, ou du moins, essaie-t-il. Il a effectué et se prête toujours un grand travail de déconstruction. Ce qui le choque le plus dans le sexisme ordinaire est la charge mentale au sein d’un couple. Cela signifie que la femme est généralement plus préoccupée par la gestion du foyer que son conjoint. Il se rend compte de l’inégalité dans la répartition des tâches domestiques entre ses parents, par exemple. Il ressent également un malaise, désormais, est lorsqu’il voit un homme faire une remarque inappropriée à une de ses amies. De plus, comme il aime prêter attention aux mots, il repère plus facilement les remarques, les petits actes que beaucoup ont banalisés et qui seraient finalement sexistes, d’après lui.

« Ce qui me choque le plus est la récurrence des féminicides »

Raphael est un homme homosexuel qui se considère comme étant naturellement rattaché à la cause féministe. Ce qui l’interpelle lorsqu’il est question de sexisme, c’est la notion de patriarcat, « le fait que l’on puisse t’éduquer, te fermer des portes en fonction de ton sexe », dit-il. Mais le point qui le choque le plus est la récurrence des féminicides. Quant à la corrélation entre la lutte féministe et le combat des hommes homosexuels dans notre société, il juge que les homosexuels sont discriminés en étant comparés à des femmes. Il dénonce ce phénomène comme étant prédominant dans les insultes.

« Les femmes ne peuvent pas vivre leur sexualité librement sans être traitées de putes »

Chris est homosexuel et se dit profondément impliqué dans la lutte féministe. Ce qui l’écœure le plus lorsque nous parlons de sexisme est le fait que  les femmes ne puissent pas vivre leur sexualité librement sans être traitées de putes alors qu’un homme serait valorisé lorsqu’il le fait. Pour lui, les femmes et les hommes homosexuels sont des personnes bafouées qui ne sont pas traitées correctement par les hommes cisgenres. Il précise que le risque existe, selon lui, de se faire agresser sans autre motif que celui d’être une femme ou un homme gay. De plus, les façons de se défendre pour les féministes et la communauté gaie masculine seraient similaires: marches et prises de parole, entre autres.

« Je suis assez ignorant de ce qu’est le féminisme, mais je ne demande qu’à apprendre »

Loïc est hétérosexuel et ne se considère pas comme un partisan du féminisme. De toute façon, il n’y a pas vraiment de cause qui lui tienne à cœur. Néanmoins, il précise que la condition féminine l’intéresse et qu’il la respecte. Il se dit assez ignorant de ce qu’est le « féminisme » dans sa globalité, mais il ne demande qu’à apprendre. Ce qui le révolte le plus par rapport au sexisme est l’inégalité du traitement salarial entre les hommes et les femmes. Il ne comprend pas que cela soit banalisé, tout comme l’est le sexisme dans la politique.

« L’oppression de la femme est ancrée dans la société »

Killian est un homme homosexuel ayant de fortes convictions féministes. Ce qui l’interpelle le plus en ce qui a trait aux inégalités des genres est  la culture du viol, le sexisme banalisé et le harcèlement de rue. Le plus choquant pour lui reste de constater à quel point l’oppression de la femme serait ancrée dans la société. En effet, il explique que la plupart des individus n’arriveraient pas à reconnaître le sexisme quand ils en sont témoins,  tellement ils l’auraient intégré en eux et banalisé. Il fait référence au fait de donner un genre aux couleurs, de sexualiser la poitrine féminine, entre autres.

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