Annie Brocoli se confie sur son implication à Opération Enfant Soleil

Après avoir participé pour la première fois en tant que chanteuse à La matinée des enfants en 2001, Annie Brocoli a décroché le rôle d’animatrice au côté de Guillaume Lemay-Thivierge trois années plus tard. Depuis, l’histoire d’amour s’est poursuivie. Le 7 juin 2020, elle sera à la barre, avec Maxime Landry, de son 17e téléthon avec une formule adaptée aux circonstances exceptionnelles de la COVID-19.

«Je ne me vois pas arrêter un jour tellement ça fait partie de ma vie», s’est exclamée celle qui considère toute l’équipe comme étant sa famille. De grands frissons traversent le corps d’Annie Brocoli au moment où tous les Enfants Soleil arrivent à l’ouverture. Selon elle, ça permet de mettre des visages sur les gens qu’on va aider, tout en comprenant mieux leurs besoins : «Je me souviens, entre autres, de Pier-Olivier qui répondait comme s’il avait 30 ans alors qu’il en avait 10. Quand tu es un jeune malade, tu fais partie de la famille. Le téléthon, c’est l’aboutissement d’une année de travail où l’on s’est tous tenu la main.»

Pier-Olivier Provencher | Facebook (2017)
Pier-Olivier Provencher | Facebook (2017)

Tout d’un coup, sa vie a été bousculée

Au début des années 2000, Annie Grenier (de son vrai nom) a reçu un message d’une mère qui lui avait demandé de venir voir son fils Émile. Comme elle ne croyait pas qu’elle pouvait apporter quelque chose de bon à ce jeune qui vit d’aussi grandes choses (il avait un cœur artificiel), la chanteuse ne se sentait pas capable de le faire. Devant l’insistance, elle a finalement accepté de le rencontrer. Quand elle est arrivée à sa chambre d’hôpital, elle a donné des broco-vitamines (des petits collants à son effigie) au petit gars. Elle lui a dit : «Chaque fois que tu vas être tanné de te faire piquer, tu te colleras des broco-vitamines et ça fera qu’on est ensemble.» De retour à son domicile, elle se sentait complètement ridicule et impuissante. Un jour, Émile a été greffé. En entrevue à la télévision, sa mère s’était fait questionner sur ce qu’ils avaient fait dans ses grands moments de découragement. Elle avait répondu : «Annie Brocoli est venue le voir, ça lui a fait tellement du bien et à nous autres aussi.» Devant cette illumination, l’idole d’une génération a décidé de s’impliquer auprès des jeunes malades : «Même si je me sentais impuissante, je me suis rendu compte que je pouvais apporter un peu de réconfort et de solidarité pour donner l’impression d’être avec eux.»

Parmi ses expériences marquantes, elle avoue avoir fait des heures de voiture pour des derniers souhaits. Elle se souvient de s’être rendue dans le coin de Montmagny (Chaudière-Appalaches) parce qu’une petite fille s’en allait et que c’était son vœu de la rencontrer. «D’apercevoir des étincelles dans les yeux des jeunes et de leurs parents, c’est extraordinaire. Si j’apporte du bonheur ne serait-ce que quelques minutes, ces instants resteront gravés dans ma mémoire. En plus, ça donne un sens à ma vie — peu importe le temps que cette différence illuminera l’œil de l’autre

Maëly et son papa Antoine | Crédit : Ladislas Kadyszewski
Maëly et son papa Antoine | Crédit : Ladislas Kadyszewski

Bien que nous vivions des moments difficiles, la porte-parole d’Opération Enfant Soleil a l’impression que chacun contribuera à sa façon : «Imaginons qu’on a un enfant malade. Déjà, cette inquiétude est incroyable. Quand un jeune immunosupprimé doit retourner à la maison ou qu’il doit prolonger son séjour à l’hôpital en temps de pandémie, c’est une double dose d’angoisse. C’est pour cette raison qu’on doit être là et que nous devons les soutenir

Un élan de solidarité à prévoir !

Au moment où le Québec a été mis sur pause à la suite de la contagion de la COVID-19, l’équipe d’Opération Enfant Soleil avait accompli la moitié des tournages avec les Enfants Soleil : «La production s’est organisée pour que ceux qu’on n’avaient pas eu le temps d’enregistrer leurs capsules soient bien présents – grâce aux parents. On a essayé de les représenter le mieux possible. Tout le monde chez soi, on a fredonné la chanson Nous autres (de 2Frères). C’est très touchant et magique !»

Affiche officielle du 33e Téléthon Opération Enfant Soleil
Affiche officielle du 33e Téléthon Opération Enfant Soleil

De prime abord, Annie Brocoli a eu la crainte que le téléthon soit annulé. Toutefois, TVA a été d’une aide extraordinaire puisqu’ils ont réussi à faire chanter les artistes chacun de chez eux : «Les personnalités artistiques ont répondu plus que jamais. Étant donné que ce n’est pas évident de produire un événement caritatif de cette envergure durant la pandémie, je pense qu’on verra encore plus de solidarité. On sera arrivé à faire quelque chose de beau et de sincère. »

Horaire de la diffusion du 33e Téléthon Opération

7 h à 9 h : La matinée des enfants sur la page Facebook

9 h à 10 h : Salut Bonjour Week-end (heure spéciale) à TVA

12 h 30 à 14 h et 18 h 30 à 22 h : Téléthon diffusé à TVA

Liens importants

Professeur de chant, une profession « oubliée » durant le confinement ? (5 de 5)

Quand le coronavirus a frappé de plein fouet le Québec en mars 2020, la culture et les loisirs ont été relégués aux oubliettes — ou presque. Et pourtant, plusieurs personnes vivent de cette passion pour les arts. Parmi elles, les professeurs de chant ont dû arrêter de travailler. Voici le cinquième et ultime article d’une série de 5 mettant en vedette Mathilde Recly et Catherine Vezeau.

Mathilde Recly et Catherine Vezeau
Mathilde Recly et Catherine Vezeau

Lors des cours virtuels, comme l’élève se tient à proximité de son téléphone pour bien voir l’écran ainsi que pour entendre les propos de son enseignant, Mathilde Recly admet qu’elle a du mal à observer la posture de celui-ci. Par exemple, c’est difficile de déterminer s’il engage suffisamment sa respiration (implication du diaphragme et ouverture des côtes) pendant les exercices : « Jy vais donc à loreille : par habitude. Je peux dire à peu près quand je sens quil doit donner encore plus dénergie physique ou soutenir davantage du côté de la respiration; mais j’avoue que l’aspect visuel du corps au complet me manque un peu, pour conseiller l’élève le mieux possible.»

 

Étant donné que la grande majorité des répondants sont également des chanteurs professionnels, plusieurs s’inquiètent de leur avenir musical. Les deux métiers de Catherine Vezeau se voient extrêmement touchés par cette pandémie : « J’ai tellement hâte de remonter sur une scène et de regarder le public. Je sais que ça ne reviendra pas tout de suite comme avant, c’est ce qui m’angoisse. Je m’accroche à l’écriture et à la création de nouveaux extraits. Cela fait du bien au moral. Cela me permet de mettre mon énergie à 100 % dans la composition. »

 

Pour clore le débat, voici une petite pensée d’Olivier Chagnon : « Nous offrons un service, pas un produit. Il y a donc des limites à ce que nous pouvons faire.»

 

Professeur de chant, une profession « oubliée » durant le confinement ? (4 de 5)

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Catherine Vezeau, Olivier Chagnon et Annie Comtois
Catherine Vezeau, Olivier Chagnon et Annie Comtois

 En ce qui a trait au retour « à la normale », Catherine Vezeau suggère de rouvrir les écoles de chant en septembre prochain, tout comme les autres écoles : « Pour le moral, c’est la meilleure solution». Étant donné que les activités culturelles et de loisirs reprendront plus tard que les autres, Olivier Chagnon proposerait au premier ministre de débloquer un fonds d’urgence pour les entreprises de ces secteurs : « S’il n’y a pas de reprise pendant un certain moment, certains établissements spécialisés en musique fermeront leurs portes. De toute façon, il y aura une baisse d’inscriptions.» Puisqu’ils apportent du bien-être avec leur pratique, Annie Comtois aimerait que le gouvernement considère les coachs vocaux comme un service essentiel.

Francis Latreille et Florence Théoret
Francis Lacelle et Florence Théoret

Est-ce que la clientèle continuera de suivre ses activités de formation ? C’est la question que se pose Francis Lacelle. Malgré tout, il est encouragé puisqu’un bon nombre d’étudiants ont repris leurs cours à distance. Même constat pour Florence Théoret qui souligne par contre que certains élèves lui ont dit qu’ils n’auraient pas les moyens de poursuivre leurs apprentissages : « Je sais que certains éprouvent des difficultés financières. Donc, ils ne pourront plus s’offrir ces leçons.»

 

Prochain (et ultime) article :  Vendredi 5 juin avec Mathilde Recly et Catherine Vezeau 

 

Professeur de chant, une profession « oubliée » durant le confinement ? (3 de 5)

Quand le coronavirus a frappé de plein fouet le Québec en mars 2020, la culture et les loisirs ont été relégués aux oubliettes — ou presque. Et pourtant, plusieurs personnes vivent de cette passion pour les arts. Parmi elles, les professeurs de chant ont dû arrêter de travailler. Voici le troisième article d’une série de 5 mettant en vedette Marie-Pierre Leduc et Marie-France Lemaire.

Marie-Pierre Leduc et Marie-France Lemaire
Marie-Pierre Leduc et Marie-France Lemaire

Même si le premier ministre autorisait la réouverture des écoles de musique, Marie-Pierre Leduc hésiterait pour des raisons familiales : «Je vis dans une maison intergénérationnelle. Je ne veux pas mettre mes parents en danger, il n’y a pas de risque à prendre en ce qui concerne leur santé. Et c’est difficile d’envisager des formations en ligne ou avec le port du masque », souligne-t-elle.

 

Selon Marie-France Lemaire, il est possible d’appliquer les normes sanitaires dans le cadre de sa profession. Alors, elle aimerait que le gouvernement Legault fasse confiance aux enseignants : « J’ai le plus grand respect pour ma clientèle. On peut reprendre les leçons de chant en toute sécurité. La musique incarne le bonheur. C’est bon pour l’âme et pour le cœur. Elle favorise l’équilibre mental et permet d’exprimer des émotions par la voix. C’est bien triste de devoir nous en priver, surtout en ces temps difficiles. »

 

Voici quelques conditions de travail proposées pour le déconfinement :

Un local adapté ; une distanciation de deux mètres ; un nettoyage du local et du matériel entre chaque étudiant ; accès à des produits nettoyants ; un désinfectant pour les mains ; le port du masque ; un écran protecteur entre l’enseignant et l’étudiant ; une seule personne à la fois ; aucune salle d’attente ; aucune manipulation de matériel ; aucun échange de matériel ; l’élève se tient dans un angle de 90 degrés par rapport au professeur (pour éviter des projections de gouttelettes lorsqu’il chante) ; le paiement par carte de débit ou de crédit ; un enseignement virtuel privilégié.

 

Prochain article : Jeudi 4 juin avec Catherine Vezeau, Olivier Chagnon, Annie Comtois, Francis Latreille et Florence Théoret.

 

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