0,00 CAD

Votre panier est vide.

Dieudonné Racine 

-

«Je suis un créateur, un rêveur. Je veux voyager et avoir de l’argent légal, car j’ai constaté que l’illégal n’est pas un système qui rapporte. J’ai trop investi dans mes rêves, je veux être différent… je rêve de ne pas avoir de casier judiciaire.» Telle est la façon dont Dieudonné Racine, récipiendaire d’un prix Leviers en 2015, se présente.

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Communautaire

Comme chaque année, le Regroupement des organismes communautaires autonomes du Québec (ROCAJQ) remet les prix Leviers à des jeunes qui se sont distingués pour leur engagement et leur cheminement.

La rédaction de Reflet de Société a décidé de consacrer un portrait à Dieudonné Racine, jeune de 23 ans qui, au-delà de son investissement, a réussi à influencer sa communauté.

Dieudonné aka La pieuvre 

Son prix Leviers, Dieudonné le doit au Centre des jeunes St-Sulpice qui l’a sélectionné pour le recevoir à l’Assemblée nationale.

Dans les HLM d’Ahuntsic (arrondissement du nord de Montréal), Dieudonné a hérité du doux sobriquet de La pieuvre. Le jeune est très impliqué dans sa communauté, et ça transparait. Entre aide aux devoirs, ouverture des locaux, demande de subvention pour du matériel, sa participation au programme Leader positif… il est connu pour être l’homme à rencontrer pour appuyer des revendications. Avec candeur, lui trouve que c’est simplement le fun d’aider.

En 2016, Dieudonné s’est retrouvé sur le conseil d’administration de son organisme. Pour Hassan, intervenant dans le HLM André-Grasset, l’interaction de Dieudonné avec certains de ses amis pourrait être qualifiée d’intervention. «Dieudonné offre un support et une aide différents aux intervenants, explique Hassan. Il a une connaissance du milieu, son intérêt pour les autres est authentique et il communique avec eux d’égal à égal.»

Contexte du quartier 

Ahuntsic est un arrondissement contrasté qui a changé au cours des années avec un multiculturalisme croissant et un historique de criminalité. Entre les familles au revenu moyen se dessinent trois HLM. Si le climat social s’est radouci, les gangs de rue font encore partie du paysage.

Sa différence, Dieudonné l’explique par le contexte où il a grandi. Pendant 7 ans, il étudiait dans une école alternative, une façon de procéder et de penser qui aujourd’hui encore influence le jeune homme.

«À l’école alternative, on est évalué sur notre évolution et non sur l’atteinte d’un objectif; c’est un système qui nous pousse à nous épanouir. Dans cette école, on devait n’être que trois ou quatre Noirs. Je n’avais jamais connu de contexte de multiculturalisme, alors quand je suis arrivé à l’école Sophie-Barat, j’ai dû faire quelque chose pour éviter de me faire battre, plaisante-t-il. Là-bas, c’est des clans de Blancs ou de Noirs. Moi, je parle en joual comme un Blanc, mais je suis Noir. J’ai dû m’adapter et connaitre leur réalité et le multiculturalisme.» Dieu donné passe en mode caméléon.

Rêve 

Fidèle à sa doctrine, Dieudonné doit encore s’épanouir pour atteindre son plein potentiel. Autour de lui, ses amis peuvent déraper ou intégrer des gangs, mais lui a des rêves. Des rêves de justice d’abord, ce pour quoi il a fait une technique en droit. «Je ne dirais pas que je suis déçu par la justice, explique Dieudonné, car cela voudrait dire que des choses auraient été cachées. Mais c’est plus par certains aspects moins visibles… Mais j’ai quand même aimé et j’ai continué. Je ne pouvais pas arrêter sans avoir terminé.»

Après un premier emploi dans son domaine, Dieudonné a réfléchi à son avenir et décidé de retourner aux études pour toucher à son rêve d’enfant, l’animation 3D. Le jeune homme s’est donné 3 ans pour se monter un portfolio et commencer une carrière. Quelques contrats ont déjà débouché pour de la photo et de la vidéo, tandis qu’il poursuit sa passion du parkour («mais jamais devant les enfants du quartier», précise-t-il) en produisant avec un ami des vidéos le mettant en scène.

Parce que son entourage le voit se battre pour ses rêves, Dieudonné pense qu’il l’influence positivement, avis concordant avec Hassan, son intervenant, et Jonathan, directeur du Centre des jeunes Saint-Sulpice. Son passage au Centre aura permis de développer des ateliers de vidéos qu’il a animés personnellement, d’ouvrir hebdomadairement un local pour les jeunes des HLM afin qu’ils aient un endroit où se rencontrer et discuter, tout en ayant intégré le programme Leader positif pour accompagner les plus jeunes et leur montrer une voie différente.

Articles Liés

Coup d'œil

spot_img

En vidéo

La consommation de porno chez les hommes

Nous Suivre

1,007FansJ'aime
475SuiveursSuivre
7,068SuiveursSuivre

Abonnez-vous à l’infolettre