0,00 CAD

Votre panier est vide.

La légalisation du cannabis 

-

Le 17 octobre 2018, le cannabis est devenu légal au Canada. Un projet qui était en discussion depuis des années, et qui a beaucoup divisé les acteurs politiques du pays comme la population. Certains pensaient que cela risquait notamment de faire augmenter la consommation des Canadiens.

Un texte de Charlotte Robec – Dossier Toxicomanie

Des règles variables selon les provinces

D’une province à l’autre, la réglementation du cannabis diffère. Au Québec et en Alberta, l’âge minimum pour en acheter est de 18 ans, alors qu’il est de 19 ans dans le reste du pays. Le gouvernement de François Legault souhaite cependant augmenter l’âge légal à 21 ans au Québec. La plupart des provinces autorisent la culture de cannabis chez soi, jusqu’à un maximum de quatre plants, tandis que le Québec et le Manitoba l’interdisent. Le cannabis est vendu dans des boutiques spécialisées régies par les provinces.

Au Québec, il est vendu dans les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), filiale de la Société des alcools du Québec (SAQ). Il s’achète sous différentes formes, telles que les fleurs séchées, l’huile ou les gélules. Sa possession est autorisée jusqu’à un maximum de 30 grammes, et on peut en consommer dans les lieux publics, à l’exception de ceux fréquentés par les mineurs. Certains arrondissements de Montréal et certaines municipalités ont cependant interdit la consommation dans tous les lieux publics.

Le but de la légalisation était avant tout d’encadrer et de contrôler la vente, la production, et la consommation du « pot », afin de ne plus laisser de place au marché noir et au crime organisé. Alors, quel impact la fin de la prohibition a-t-elle eu sur la vente de cannabis ?

Une consommation stable

La légalisation, contrairement à ce que craignaient certains, n’a pas réellement fait augmenter la consommation des Canadiens. Statistique Canada a établi que les consommateurs représentaient toujours environ 15,4% de la population, comme avant la légalisation.

L’Enquête nationale sur le cannabis a révélé que selon les données du quatrième trimestre de 2018, 98% des personnes n’en ayant jamais consommé n’avaient pas l’intention de le faire dans les trois mois suivant l’enquête.

Cependant, 19% des Canadiens ont déclaré qu’ils allaient consommer d’ici la mi-février ou la mi-mars, c’est-à-dire environ 4% de plus qu’au moment de l’enquête ; entre mi-novembre et mi-décembre, 14% des consommateurs interrogés avaient essayé dans les trois derniers mois, ce qui représente presque le double des trimestres précédents. La légalisation n’a pas réellement fait augmenter la consommation du cannabis, mais elle a, dirait-on, attisé la curiosité de ceux qui ne consomment pas habituellement.

Un prix en hausse

La fin de l’interdiction du cannabis a eu d’autres conséquences, notamment sur son prix. Depuis le mois d’octobre 2018, le prix du gramme a augmenté d’environ 17% au Canada, passant de 6,83$ à 8,03$. Le « pot » acheté légalement est en effet plus cher que celui du marché noir d’environ 30%, et la SQDC souhaite encore augmenter ses prix. Une différence non négligeable, qui peut avoir des conséquences lourdes.

Un marché illégal toujours présent

Car le marché noir continue de prospérer, malgré la légalisation. Sur les trois derniers mois de 2018, seulement 21% des ventes de cannabis ont été réalisées légalement. Au Québec, la SQDC possède actuellement 30% des parts du marché. L’Enquête nationale sur le cannabis a aussi révélé que 40% des consommateurs s’étaient procuré leur produit légalement, tandis que 43% avouent acheter illégalement. Le prix joue un grand rôle dans ce problème. En effet, si le cannabis du marché noir est moins cher que celui disponible dans les boutiques spécialisées, les consommateurs n’ont aucune raison de se fournir là-bas.

De plus, beaucoup ont déjà leurs propres habitudes, et continueront de contacter leur fournisseur quoi qu’il en soit. Les files d’attente pour les boutiques spécialisées sont longues, et les stocks sont souvent épuisés. Au Québec, la SQDC est optimiste dans ses prédictions.

Son porte-parole, Fabrice Giguère, explique que la Société s’est basée sur les chiffres publiés par Statistique Canada afin de réaliser une estimation. En effet, 150 tonnes de cannabis ont été vendues en 2017, lorsqu’il était encore illégal. L’objectif de la SQDC était de s’approprier 30% du marché la première année, ce qui correspond à environ 49 tonnes. En observant l’évolution de ses ventes durant les premiers mois de légalisation, elle a donc calculé qu’il lui faudrait environ cinq ans pour récupérer 70% des parts du marché, mais « ce ne sont que des prédictions », précise Fabrice Giguère.

En 2019, nous n’avons toujours que peu de recul sur la situation. Le bilan est difficile à établir, car le cannabis n’est légal que depuis quelques mois. La consommation n’a a priori pas augmenté, mais la bataille contre le marché noir et contre le crime organisé est loin d’être gagnée, et il faudra du temps avant que les réseaux légaux contrôlent la majorité des ventes.

Articles Liés

Coup d'œil

spot_img

En vidéo

La consommation de porno chez les hommes

Nous Suivre

1,007FansJ'aime
475SuiveursSuivre
7,057SuiveursSuivre

Abonnez-vous à l’infolettre