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Montréal, ville aux toits champêtres

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La dégradation des sols, une crise silencieuse

Le sol est une ressource très faiblement renouvelable au sens où sa dégradation peut être rapide (quelques années ou décennies) alors qu’il lui faut plusieurs milliers d’années pour se former et se régénérer. D’après diverses sources, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, on estime que près de la moitié des sols du monde sont déjà dégradés en conséquence des activités humaines. Le phénomène s’accentue et pourrait s’aggraver avec les changements climatiques.

Un texte de Janick Langlais – Dossier Environnement

Avec près de 8 milliards d’humains, la planète a plus de bouches à nourrir que jamais et les sols disparaissent à une vitesse importante, transformés en stationnements ou en aéroports, érodés ou contaminés par les pesticides. L’agriculture industrielle joue un rôle majeur dans la disparition de ces espaces naturels et dans la pollution et la dégradation des sols.

Toutefois, les temps changent et nos façons de pratiquer l’agriculture doivent refléter cette ère de changements. Nous nous devons d’adopter un système d’agriculture qui sera en mesure de produire des aliments de qualité tout en réduisant l’impact sur notre environnement. C’est le cas de l’agriculture urbaine qui est une solution de plus en plus exploitée au sein des villes et de leurs périphéries.

Montréal, pionnière de l’agriculture urbaine;

Depuis les années 1990, l’agriculture urbaine est un enjeu dans le domaine du développement durable, de l’aménagement urbain et de la lutte contre l’insécurité alimentaire, non seulement dans les pays du Sud , mais aussi dans le reste du monde.

Selon les données publiées par le Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine (CRETAU), on compte 50 exploitations agricoles situées hors des zones agricoles, en milieu urbain, au Québec.

En effet, il y a de plus en plus d’initiatives de ce genre et une des idées les plus innovantes est née ici, chez nous à Montréal : ce sont les Fermes Lufa. C’est en 2006 que les Fermes Lufa construisent la première serre commerciale sur un toit au monde. Le but premier était de changer la façon dont se nourrissaient les villes et de créer un mode d’agriculture urbaine commerciale durable.

En association avec une centaine de producteurs locaux, les Fermes Lufa livrent chaque semaine plus de 10 000 paniers de légumes frais dans plus de 350 points de distribution à travers le Québec.

Bénéfices:

 

–          Récupération de l’eau de pluie et réutilisation de l’eau d’irrigation par un cycle de recirculation en circuit fermé.

–          Utilisation d’insectes prédateurs au lieu d’engrais chimiques.

–          Utilisation d’espaces déjà habités pour cultiver (toits).

–          Réduction de l’empreinte carbone par la consommation de produits locaux, donc, réduction du transport et des émissions de gaz carbonique.

–          Récupération de la chaleur des bâtiments pour chauffer les serres.

–          Réduction des îlots de chaleur l’été.

–          Réduction des emballages et de la consommation d’énergie consacrée à la réfrigération, l’entreposage, etc.

–          Récupération des matières organiques (compost) et réduction du gaspillage en cueillant les produits frais chaque jour pour les commandes des clients.

Toits gastronomiques

En partenariat avec Le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB),  l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) annonçait en 2018 le développement d’un nouveau projet d’agriculture urbaine : un vignoble urbain sur toit. Ce projet sera intégré dans la formation des futurs cuisiniers, sommeliers et gestionnaires d’établissements.

Le projet se décline désormais en 4 vignobles situés respectivement sur les toits du Palais des congrès de Montréal, du siège social de la SAQ, de l’ITHQ et sur le site de la station F-MR. Ce dernier vignoble constitue une vitrine accessible à tous dans le cadre d’un projet citoyen innovant : à la fin de l’été,  on redistribuera les pieds de vigne aux ruelles vertes afin de favoriser le verdissement et l’économie circulaire au cœur de la ville.

Des initiatives plus modestes et isolées ont aussi vu le jour dans les dernières années, suite au succès de ce mode de culture. Notamment les restaurants qui font pousser leurs fines herbes et certains légumes sur le toit de leur immeuble pour pouvoir offrir des herbes fraîches à leurs clients.

Ainsi, l’agriculture urbaine est une pratique dont les bienfaits vont bien au-delà de l’alimentation. Elle a des impacts positifs sur la réduction des gaz à effet de serre, la pollution, l’accessibilité et la santé alimentaire. Évidemment, un énorme travail reste à faire pour améliorer le sort de la planète et l’accès aux ressources alimentaires dans le monde, mais Montréal peut se vanter d’être une des villes en Amérique du Nord qui a lancé le mouvement.  42% de ses résidents s’adonnent maintenant à la culture domestique, et on compte plusieurs projets d’agriculture urbaine comme, entre autres, les Fermes Lufa.

Vous pouvez aller explorer les nombreux projets montréalais et découvrir de quelles façons les citoyens, les chercheurs, les institutions, les entreprises et les organisations communautaires mettent les mains dans la terre pour soutenir la biodiversité de notre ville.

https://www.biopolis.ca/projects/

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