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Recyclons moins… recyclons mieux

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Dans une période où on nous dit de recycler et de composter, je m’inscris en faux contre l’idée de recycler et de composter à tout prix. J’ai un autre projet de société à vous présenter.

Un éditorial de Raymond Viger – Dossier Environnement

Il y a un demi-siècle, des groupes de jeunes finançaient leurs activités en récupérant papier et carton. J’ai participé à ce mode de financement. Le papier et le carton étaient triés en paquets distincts, qu’on ficelait. Cela permettait de bien les empiler. Je regardais le travail de collecte que nous avions réussi à faire et un sentiment de fierté m’envahissait devant ces grandes colonnes de papier qui seraient vendues pour nous permettre de défrayer des heures de glace pour jouer au hockey.

Quand la récupération a débuté, il nous fallait trier papier, plastique et métal dans un même petit bac. Un bac qui ne réussissait pas à tout retenir face au vent. Une partie de son contenu se retrouvait vite en liberté sauvage. Rapidement, le bac a grossi et on y a mis tout ce qu’il y avait à récupérer, pêle-mêle.

Un soir, au hasard d’un spectacle à la TOHU, j’aperçois non loin un endroit où l’on entasse cette récupération. Un immense entrepôt qui déborde. Il y en a tellement qu’une grande quantité de cette récupération se retrouve à l’extérieur de l’entrepôt où le vent s’en empare. Des mouettes tournent autour de cette montagne artificielle, attirées par les restants de table qu’elle recèle. Un énorme tracteur tente de faire tenir tout ce matériel à l’intérieur de l’immeuble.

Pour réussir à donner une nouvelle vie aux matières qu’on récupère, il faut s’assurer de les trier adéquatement. Or, des reportages ont montré des camions de collecte dirigeant la récupération directement dans des dépotoirs ! Nous avons voulu trop en faire et je ne pense pas qu’on soit arrivés à des résultats satisfaisants. Comme dit l’adage, trop c’est comme pas assez.

Pourquoi ne pas recycler moins, mais mieux le faire ? Par exemple, pourquoi ne pas s’attaquer d’abord aux matières les plus rentables et les plus faciles à traiter ? À la vue de cet entrepôt sursaturé, le sentiment de fierté qui m’avait habité il y a un demi-siècle devant la pratique de la récupération n’existe plus. C’était une époque où l’on se faisait payer pour recycler. Aujourd’hui, il faut payer des taxes pour le recyclage, et il ne semble pas atteindre ses objectifs.

Raymond Vigerhttps://raymondviger.wordpress.com/
Directeur général de Reflet de Société

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