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Les réseaux sociaux comme moyen d’émancipation pour la jeunesse LGBTQ+

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Une étude menée par Lisa M. Diamond et Sarah Lucas en 2004 démontre que la révélation de son orientation sexuelle peut être fréquemment associée à une perte d’amitié. Considérant cela, il a semblé intéressant de se demander comment les jeunes LGBTQ+ peuvent éviter d’être rejetés. Est-ce en trouvant refuge sur des plateformes en ligne,  par exemple ? Pour répondre à cette question, nous avons interrogé 4 individus faisant partie de la communauté LGBTQ+ ayant entre 20 et 25 ans, et qui recourent couramment aux réseaux sociaux. 

Un texte de Sarah Langot – Dossier Internet

« Je me sens plus confiante pour m’exprimer sur ce que je vis en tant que personne aro/ace et non binaire »

Marina se qualifie d’aromantique, d’asexuelle et de non binaire. D’origine franco-malienne, elle ne subit pas de discrimination de la part de son entourage, mais plutôt une pression constante. Sa famille souhaite qu’elle s’adapte à un schéma l’hétéronormatif, c’est-à-dire qu’elle trouve un mari et fonde une famille. Cette pression se ressent également à travers les médias qu’elle consulte, que ce soit les films, les séries, les livres, entre autres. En effet, ceux-ci nous montrent des relations amoureuses et sexuelles comme étant la norme à suivre, selon elle. Elle voit dans les réseaux sociaux une échappatoire. « Je m’émancipe en particulier sur Tumblr, parce que je suis abonnée à peu de personnes que je connais dans la vie réelle. Celles que je suis sont des personnes appartenant à la communauté LGBTQ+, et qui acceptent les aro/ace au sein de la communauté LGBTQ+. Ainsi, je me sens plus confiante pour m’exprimer sur ce que je vis en tant que personne aro/ace et non binaire », dit-elle. Si les réseaux sociaux n’existaient pas, elle n’aurait jamais entendu parler de l’aromantisme, de l’asexualité ou de la non-binarité, elle se considérerait probablement toujours comme étant cisgenre et hétérosexuelle. Sa sexualité serait dure à vivre, car elle n’aurait aucun modèle ni point de repère, elle se sentirait très seule, d’après elle.

La non-binarité chez un individu signifie qu’il ne s’identifie pas au principe de binarité des genres : il ne se sent ni homme ni femme de manière exclusive.

« Je doute que, sans les réseaux sociaux, j’aurais compris ou accepté ma sexualité un jour » 

Valentina est une femme lesbienne vivant à Bogota. Elle prétend subir de façon continue des remarques déplacées. Elle considère les réseaux sociaux comme un moyen d’émancipation, particulièrement Twitter. Elle utilise la plateforme pour évoquer librement son attirance pour les femmes, et elle lui permet de discuter avec d’autres personnes LGBTQ+ pouvant partager son expérience. Elle aspire particulièrement à rencontrer des personnes aptes à la comprendre. Elle n’a pas toujours vécu sa liberté à travers Twitter, Tumblr lui a également servi d’exutoire. Selon elle, si les réseaux n’existaient pas, elle vivrait mal sa sexualité dans la vie courante. Ils ont été un support émotionnel à l’époque où elle éprouvait des difficultés à s’accepter telle qu’elle est : « je doute que, sans eux, j’aurais compris, ou accepté ma sexualité un jour », conclut-elle.

« Je suis rassurée d’avoir pu passer par ma phase de découverte sans risquer de subir des discriminations physiques »

Garance vit à Paris et s’identifie comme étant bisexuelle. Elle ne considère pas les réseaux sociaux comme un moyen d’émancipation, mais comme des plateformes ludiques. Elle y découvre de nombreux témoignages qui l’instruisent sur les conditions de la communauté LGBTQ+. Elle pointe du doigt Twitter comme étant le réseau le plus informatif, car les utilisateurs s’y expriment plus librement. De surcroît, la pluralité d’opinions qui y règne lui permet de prendre du recul et d’ouvrir son esprit, explique-t-elle. Au moment de l’entretien avec Garance, elle s’épanouissait dans une relation hétérosexuelle. De ce fait, sa sexualité serait plus facile à vivre dans son quotidien que celle d’une personne s’engageant exclusivement dans des relations homosexuelles. Néanmoins, elle ressentirait un manque informatif si elle n’utilisait pas les réseaux sociaux. Elle les considère comme un moyen efficace pour rencontrer d’autres membres de sa communauté. Ils lui ont permis de s’accepter lorsqu’elle avait 15 ans et que ses amis virtuels lui expliquaient qu’il n’y avait pas de honte à aimer les femmes. Aujourd’hui, elle se réjouit d’être passée par cette phase sans avoir risqué de subir des discriminations physiques.

« Je serais dans l’ignorance totale de l’importance fondamentale de certains combats »

Camil est issu d’une famille franco-marocaine, il est homosexuel et vit dans la banlieue parisienne. En grandissant et en subissant régulièrement des attaques par rapport à sa sexualité, il a appris à faire abstraction des formes les plus minimes de discrimination. Cependant, il a essuyé dans le passé des insultes qui l’ont parfois poussé à en venir aux mains. Les réseaux sociaux ne sont pourtant pas un moyen d’émancipation pour lui ; il les qualifierait plutôt de vecteurs d’informations. Il fait référence à Twitter comme étant le seul réseau social à l’avoir instruit grâce à des témoignages ou des articles apparus dans son fil d’actualité.  Sa sexualité ne serait pas plus difficile à vivre dans la vie courante sans cette plateforme, mais il serait dans l’ignorance totale de l’importance fondamentale de certains combats. En somme, Camil trouve que les réseaux sociaux sont un moyen efficace pour rencontrer des membres de sa communauté, pour tisser des liens amicaux et être informé.

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