Santé mentale : Géronto-criminologie

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Pour notre 6ème Table Ronde, qui a été diffusée le 6 juillet 2022, Reflet de Société a décidé de s’associer avec The Social Eyes afin d’offrir une table ronde en anglais. Le thème était la santé mentale, ils parlaient surtout des personnes plus âgées ainsi que des détenus. Pour cette occasion, deux panélistes ont accepté de faire de cette heure éducative et divertissante.

Les Panélistes

Notre premier panéliste, Tim Wisdom, a immigré au Québec de la Grande-Bretagne lorsqu’il était enfant. Il a complété son baccalauréat en psychologie à l’Université Bishop’s de Sherbrooke. Après avoir obtenu son diplôme, il a décidé de travailler comme bénévole à l’établissement de Cowansville, un pénitencier fédéral. Son expérience avec les détenus lui a montré la capacité que l’humain a de se réhabiliter. Il continue de guider les gens dans tous les aspects de leur santé mentale en tant que directeur général de l’Éveil de Brome-Missisquoi, un organisme d’aide en santé mentale à Cowansville. L’Éveil offre des services d’accompagnement pour les personnes en réinsertion sociale et scolaire pour les personnes en détresse psychologique ou émotionnelle.

Notre deuxième panéliste est Dave Williams, un fier natif de la Colombie-Britannique, il détient une maîtrise en psychologie de l’Université de Toronto. Il a travaillé pendant 35 ans dans le domaine de l’intervention sociale et de la réhabilitation auprès d’ex-détenus, de toxicomanes, de victimes d’accidents de la route et d’autres types de personnes. Il est aujourd’hui géronto-criminologue pour Service Oxygène, où il travaille auprès des détenus et ex-détenus, de 50 ans et plus, pour participer activement à leur réinsertion communautaire en les orientant vers les services et programmes disponibles.

L’animateur de cet évènement était Colin McGregor, journaliste anglophone pour Reflet de Société et The Social Eyes.

« La santé mentale touche tout le monde », a commencé Tim Wisdom. « Riche ou pauvre, blanc ou noir, jeune ou vieux, tout le monde est concerné directement ou indirectement. »

Son organisation dessert des clients sur une grande partie des Cantons-de-l’Est. Sur la question de s’il existe assez de services adéquats, dans les Cantons, pour les anglophones souffrant de problèmes de santé mentale, Wisdom a déclaré: « Certaines personnes passent entre les mailles du filet. La plupart de nos psychiatres sont francophones… J’hésite à dire qu’il n’y a pas assez de services en anglais. Je pense que parfois cela demande juste un effort… Nous sommes une minorité ici et ce n’est pas parce que le psychologue a un accent ou que le psychiatre dit un mot en français et continue en anglais que c’est un mauvais service. »

« Je suis généralement l’anglophone qui travaille dans un environnement francophonne », a expliqué Dave Williams. Il a ajouté : « Les gars dans les maisons de transition viennent souvent de l’extérieur de la province… C’est donc les accompagner dans le labyrinthe du système de santé québécois pour la prise en charge de leurs crises de santé », étant donné que de nombreux détenus sortent de prison avec des problèmes de santé à régler, car les soins de santé en milieu carcéral laissent parfois à désirer. 

Trouvez quelque chose de merveilleux

Williams a soutenu que la clé du succès pour sortir de prison est de « trouver quelque chose de merveilleux à faire ». En prison pendant des années, vous avez une routine et vous trouvez des choses à faire qui sont disponibles ; à la sortie, « Il y a une grande variété d’activités… Il s’agit d’explorer et de trouver ce qu’on aime et ce qu’on sait faire, ce qui donne du plaisir, et pour certains c’est tout un processus… que ce soit travailler, un programme d’études ou un loisir. C’est une question de découverte de soi et des opportunités disponibles dans la communauté. »

Dans la vaste zone desservie par l’organisation de Wisdom, l’isolement et l’accessibilité sont souvent une problématique. Les personnes âgées ont souvent du mal à utiliser des technologies comme Facebook pour briser leur isolement. Pendant la pandémie, ç’a rendu les choses difficiles lorsqu’ils essayaient de les traiter. Cela implique souvent de nombreux déplacements pour aller les voir à la maison, a déclaré Wisdom :

« Alors que les jeunes, même quand on était isolés, on mettait tout en virtuel, on avait ces discussions incroyables avec nos jeunes et même des gens dans la quarantaine ou la cinquantaine. Mais pour le profils de personne qui n’est pas bon en ligne, l’isolement s’accumule, les problèmes de santé physique… alors que ces limitations s’installent lentement sur les gens… Je suis fier d’offrir des services à domicile…. Le but est de les reconnecter à la communauté. »

Avec la hausse des loyers et la flambée du coût de la vie qui touchent le plus les plus pauvres, Wisdom a déclaré : « Je n’ai jamais rien vu de tel. Je crois que j’ai beaucoup de travail devant moi. »

Répondant à la question du graphiste de Reflet de Société, Keven Wong, sur ce que nos panélistes eux-mêmes retirent de leur travail, Wisdom a déclaré que c’était merveilleux de pouvoir aider les gens. « Chaque jour est différent. Nous ne nous ennuyons certainement pas et nous sommes payés pour changer la vie des gens. J’ai perdu des gens par suicide, il y a eu des jours misérables… En général, je termine ma semaine le vendredi après-midi en me sentant vraiment heureux. Voir les gens évoluer et apprendre d’eux est une bénédiction… Tout le monde peut s’améliorer. »

Faites attention

« Ce n’est vraiment pas si compliqué », a déclaré Williams. « Je porte attention à la personne, et je l’écoute pour comprendre quels sont ses besoins. Quelle est leur vision du monde, où ils se trouvent, ce qu’ils veulent, et nous partons de là. J’ai une relation avec chaque personne que je rencontre, je découvre un nouveau monde… C’est ce qui me motive. Je reçois un individu avec des forces et des faiblesses spécifiques. Dans la nouvelle vie qu’ils vivent, il faut seulement qu’ils comprennent qu’ils ne sont pas seuls. »

S’il y avait un conseil qu’il pouvait donner à quelqu’un qui souffre de santé mentale, Williams partage que ce serait : « Vous n’avez pas à souffrir. Il y a des choses que vous pouvez faire et il y a des ressources disponibles pour alléger la charge… Vous devez explorer, parce que certaines choses fonctionnent pour certaines personnes, et d’autres fonctionnent pour d’autres. »

Il poursuit: « Trouver un moyen de briser l’isolement quelle que soit votre situation : il y a des gens pour vous donner un coup de main, qui vous tendront la main. Pour que cela se produise, la personne doit être prête à arrêter de se battre et à laisser entrer les gens. » 

C’est souvent le grand défi. Parce qu’il y a toutes sortes de problèmes de confiance, de blessure, d’humiliation et de honte que la personne doit surmonter avant de se sentir à l’aise dans n’importe quel type de relation. « Vous n’avez pas besoin d’être un psychiatre à long terme pour mener à bien cela », a-t-il ajouté.

Cliquez ici pour visionner la vidéo de cette Table Ronde


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