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Suicide en période de pandémie

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Le processus suicidaire est la somme de plusieurs facteurs qui augmentent le stress et le désespoir. Depuis les années 1990, le taux de suicide diminue d’année en année au Québec, étant passé de 22 décès pour 100 000 habitants, à 12.4 en 2017, soit près de deux fois moins de suicides par année. 

Un éditorial de Raymond Viger – Dossier Suicide

À quoi peut-on s’attendre pour 2020, avec la pandémie que nous traversons? En réalité, malgré tous les modèles que les chercheurs peuvent échafauder, personne ne peut le savoir. Parce qu’il y a des facteurs aggravants et d’autres qui diminuent le risque.

Par exemple, perdre son emploi, ne plus savoir comment payer son loyer et acheter son épicerie peut faire augmenter radicalement le stress et l’anxiété. Par contre, apprendre que le gouvernement va remettre une Prestation canadienne d’urgence pour soutenir ceux qui sont touchés et les aider à traverser la pandémie aura l’effet contraire.

Les écoles étant fermées, le stress relié à la réussite scolaire peut diminuer. Mais parallèlement, la violence, le harcèlement et l’intimidation que certains y vivent diminueront aussi.

Chaque personne adoptera une attitude différente face aux facteurs aggravants ou à ceux qui peuvent la sécuriser. Le niveau d’anxiété ou de calme variera donc d’un individu à l’autre. Dans un même milieu de vie, certains réagiront dans un sens tandis que d’autres iront directement à l’opposé.

Une chose est sûre, cependant. Au sortir d’une crise, les gens fragiles et vulnérables ont de la difficulté. Ils voient les personnes de leur entourage profiter de la vie et passer à autre chose. La crise est derrière eux et l’heure est aux réjouissances. Mais pour l’âme en peine, voir les autres dans la joie et le bonheur ne fait qu’amplifier le sentiment de solitude et de tristesse qui l’accable.

En tant qu’intervenant de crise auprès de personnes suicidaires, même si les statistiques globales démontrent que le suicide n’est présentement pas un problème au Québec, je peux dire que la pandémie a fortement ébranlé la communauté de jeunes que nous accompagnons. Parce que ces jeunes étaient confortés par une routine. Et que celle-ci n’existe plus. Briser une routine peut en insécuriser plus d’un.

Et lorsque la crise tirera à sa fin, certains en sortiront grandis et plus forts. D’autres, plus vulnérables et plus fragilisés.

Gardons un œil ouvert sur nos proches. Notre présence, notre réconfort et notre soutien peuvent changer les choses.

Pour vous aider à reconnaître les signes avant-coureurs de la crise suicidaire, nous vous offrons un accès gratuit à notre guide d’intervention auprès de personnes suicidaires. Disponible en français et en anglais, Epub ou PDF. Toutes les informations sur www.refletdesociete.com.

Prenez soin de vous et de vos proches. Tous ensemble, nous pourrons passer au travers.

Suicide en période de pandémie
Raymond Vigerhttps://raymondviger.wordpress.com/
Directeur général de Reflet de Société

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