0,00 CAD

Votre panier est vide.

Un cancer à la fois

-

Moi, Vanessa Racine, j’aurais bien aimé lire le livre Comment vivre avec le cancer à 23 ans, et puis de nouveau à 28 ans. J’aurais adoré me procurer un mode d’emploi Pour les Nuls qui nous apprend, étape par étape, comment traverser cette épreuve.

Comment rendre le quotidien moins épeurant et vivre chaque jour avec cette maladie? Comment ne pas craindre le futur? Comment ne pas ressentir une boule au ventre continuellement? Mais surtout, comment vivre avec l’ennemi? Mais, ce livre n’existe pas. Et après deux rémissions complètes, j’ai écrit ma propre version. J’ai donné tout ce que j’ai pu, c’était ma recette à moi. On naît tous avec un instinct de survie. Pourtant, ce n’est pas inné de combattre une maladie inconnue

Premier combat

Tu te sens tellement invincible à 23 ans. La vie s’ouvre à toi. Dans mon cas, j’avais l’impression qu’elle se refermait sur moi. J’ai tout le temps pensé que la vie nous envoyait des épreuves qu’on pouvait surmonter. Je me suis demandé comment j’allais traverser mon cancer. 

Quand on apprend une mauvaise nouvelle, on a deux façons de réagir. Soit on se met à pleurer, et ça nous démolit complètement, soit on se relève et on fonce. J’ai décidé de foncer en choisissant de vivre. Je ne voulais pas penser à la mort, c’était la dernière des options. J’essayais de ne pas douter, sinon, je me serais peut-être écroulée. 

Je suis atteinte d’une forme de cancer rare, difficile à guérir: un paragangliome. J’ai l’impression, parfois, que je suis un petit rat de laboratoire. Je passe de nombreux tests annuellement, afin de faire évoluer la science. Le cancer fait partie de moi puisqu’il est génétique. 

Un cancer à la fois

Pire que le premier 

À mes 28 ans, mon cancer est revenu en force. Je me disais que je pouvais traverser un deuxième cancer, mais j’ai parfois perdu la foi. J’avais peut-être moins d’énergie pour livrer une nouvelle bataille. Je ne voulais pas lâcher. Je souhaitais rester forte. 

J’ai, cependant, baissé les bras en certaines occasions. Quand tu souffres d’une maladie, l’important est de t’entourer de ta famille et de bonnes personnes. Ce sont mes anges gardiens, comme je les appelle. Je ne me verrais pas traverser la vie sans la main de ma mère et l’épaule de mon père. 

Je pesais 130 livres au départ et je suis descendue à 65 livres. Je ne pouvais plus soulever ma tête de mon oreiller, par manque de force musculaire. Je ne pouvais pas me lever toute seule. Je ne pouvais plus me laver ou aller à la salle de bain par moi-même. Je restais couchée dans mon lit toute la journée. 

Les médecins pensaient que je souffrais d’anorexie. Je voyais le regard de mes amis, qui doutaient. Mon corps ne coopérait plus, peu importe ce que je lui donnais. J’avais perdu tellement de poids que ma confiance en moi s’est égarée

Maigre, vidée d’énergie. Je pouvais difficilement soutenir une conversation avec quelqu’un pendant cinq minutes. Ma tête semblait se trouver dans un brouillard constant. 

J’ai perdu les trois quarts de mes cheveux. Je suis allée acheter une perruque pour retrouver un semblant de féminité. J’ai pleuré la première fois que j’en ai mis une, dans un salon spécialisé. Mon père avait aussi les yeux pleins d’eau. Heureusement, il m’accompagnait. Ce moment émotif est devenu amusant. Il commentait chacun de mes nouveaux looks.   

Un cœur fatigué

Ménopausée depuis trois ans, je ne pourrai peut-être pas devenir maman. Ça a été mon plus gros choc émotionnel. Je ne vois pas d’espoir, pour l’instant, mais la roue peut encore tourner. Enfin, j’espère. 

J’ai perdu mes deux conjoints les plus sérieux à travers mes deux épreuves. Une personne peut, parfois, tellement t’aimer qu’elle ne sait pas comment réagir à une situation. Cette personne ne veut pas que tu souffres. Elle doit être prête mentalement pour t’accompagner. 

Les gens ont pitié de ce qui t’arrive. Ce n’est pas ce qu’un individu atteint du cancer cherche, cependant. On désire avoir leur temps et leur écoute. On souhaite vivre normalement. J’ai appris à surmonter mes épreuves par moi-même et avec ma famille. Peu de personnes peuvent te comprendre dans une pareille situation. Ce n’est pas leur réalité, c’est la tienne. Je compte mes vrais amis sur les doigts d’une main, car tu en perds énormément en cours de route. 

Un soir gris, à 30 ans, j’ai eu l’impression que mon cœur allait arrêter. Il était fatigué de combattre. Mon corps n’avait plus de force physique. J’ai appelé ma mère et je lui ai dit que j’étais en train de partir. Je ne voulais pas mourir seule, toutefois. 

L’infirmière de métier qu’elle est a su distinguer l’amour pour sa fille de ses capacités professionnelles. Elle m’a sauvé la vie cette nuit-là. Mon cœur a dû s’arrêter pour mieux redécoller. Depuis, mon corps retrouve ses repères graduellement, comme une machine qui redémarre.

Un cancer à la fois

De meilleurs jours

J’ai dû traverser un deuxième cancer pour réaliser que je devais me mettre en priorité et m’accorder du temps. J’aurais voulu connaître tous ces trucs dès le départ et les avoir dans ma boîte à outils.

Massages, séances de méditation et yoga. J’ai décidé de prendre soin de moi comme je le pouvais. La santé physique demeure essentielle, mais je considère la santé mentale dix fois plus importante. C’est primordial d’être soutenu psychologiquement. Il n’a aucune honte à aller voir un psychologue.

Tellement d’organismes m’ont accompagnée au cours de mes épreuves. J’ai voulu avoir, à mon tour, un impact auprès de ceux qui en ont besoin. Je m’investis, depuis plusieurs années, en tant que bénévole ou employée. C’est vraiment important, pour moi, d’utiliser mes talents et mes compétences. Avoir gardé un travail qui me passionne, tout au long de mon combat, m’a aidée à conserver un équilibre de vie et une motivation. J’avais le cerveau actif d’une personne de 28 ans, mais le physique d’une femme de 150 ans.

Je n’avais pas le choix de foncer. Je devais traverser ces épreuves. J’aime tellement la vie. Je veux accomplir une panoplie de projets. Je ne peux pas arrêter de vivre tout de suite. Je n’ai jamais eu peur de mourir ou de souffrir. C’est une option quand tu as le cancer, mais on ne doit pas la voir comme la première. On doit voir les petits bonheurs dans chaque journée, car il en a toujours au travers de la souffrance. Un jour à la fois…

Articles Liés

Coup d'œil

spot_img

En vidéo

La consommation de porno chez les hommes

Nous Suivre

1,007FansJ'aime
475SuiveursSuivre
7,057SuiveursSuivre

Abonnez-vous à l’infolettre