Reflet de Société

La maison Saint-Pierre renaît de ses pierres

Oumou Diakité | Dossier Communautaire

Après plusieurs années d’attente, le projet de restauration et de requalification de la Maison St-Pierre franchit une étape décisive. Le gouvernement du Québec a confirmé, dans le budget 2026-2027, une aide de presque 8 millions de dollars destinée à la réhabilitation de ce bâtiment patrimonial situé dans le quartier Centre-Sud de Montréal.

L’annonce, faite le 18 mars 2026, marque un tournant important pour le Centre St-Pierre, qui porte ce projet depuis plusieurs années. Une fois les travaux complétés, des organismes communautaires pourront intégrer des locaux accessibles et abordables à proximité directe de leur clientèle.

Un patrimoine vivant

Construit dans les années 1860, ce bâtiment fait partie du patrimoine bâti montréalais. Mais au-delà de sa valeur architecturale, plusieurs intervenants présents lors de la conférence de presse ont insisté sur sa portée sociale.

Le ministre des Finances et responsable des Infrastructures, Éric Girard, a rappelé que les demandes de financement dans le cadre du budget provincial se comptent en milliers de demandes. Malgré ce contexte, le gouvernement a choisi d’investir dans ce qu’il qualifie de « lieu emblématique » de la métropole.

La maison Saint-Pierre renaît de ses pierres
Éric Girard, Ministre des Finances et responsable des Infrastructures (Crédit photo : Oumou Diakité)

« Au terme de cette restauration, on parle de doubler la superficie », a-t-il souligné, évoquant également la volonté de donner « un second souffle » à ces bâtiments historiques.

Le ministre a décrit le Centre St-Pierre comme un « acteur clé du développement social » et a insisté sur l’importance de « faire rayonner le patrimoine et la culture québécoise ».

Un projet longtemps attendu

Le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a quant à lui reconnu que le projet n’était pas acquis d’avance.

Selon lui, l’inscription du dossier au Plan Québécois des Infrastructures a permis de débloquer une situation qui stagnait depuis plusieurs années.

Mathieu Lacombe, Ministre de la Culture et des Communications (Crédit photo : Oumou Diakité)

« Investir dans notre patrimoine bâti est important », a-t-il affirmé. « Je ne parle pas simplement d’un bâtiment, mais d’un lieu social où vivre. »

Cette idée d’un patrimoine vivant est revenue à plusieurs reprises au cours de la conférence de presse. Les élus présents ont insisté sur le fait que la restauration de la Maison St-Pierre dépasse largement la simple conservation architecturale.

Il s’agit également d’assurer la pérennité du tissu communautaire dans un quartier confronté à de nombreux défis sociaux.

Un projet porté collectivement

La députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, a rappelé que le patrimoine religieux québécois avait historiquement été financé par « le monde ordinaire ».

Selon elle, il est aujourd’hui naturel que l’État participe à sa préservation lorsque ces lieux deviennent des espaces collectifs au service de la population.

Manon Massée, Députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques (Crédit photo : Oumou Diakité)

« La communauté a pris en charge de prendre soin du Centre-Sud », a-t-elle déclaré, saluant le travail des groupes communautaires impliqués dans le projet.

Même son de cloche du côté de la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, qui a qualifié le projet de démarche « transpartisane ».

Elle a rappelé que son ministère a contribué au projet à hauteur de 1,2 million de dollars lors de la première phase.

Redonner de l’espace au communautaire

Selon Chantal Rouleau, la restauration de la Maison St-Pierre permettra surtout d’offrir de meilleures conditions aux organismes communautaires qui y seront installés.

« Les organismes vont pouvoir offrir plus de services et de meilleure qualité », a-t-elle soutenu.

Le projet total représente un investissement évalué à 22 millions de dollars. Selon les responsables du Centre St-Pierre, environ 30 millions de dollars seront déjà injectés localement tout au long du chantier et des activités futures liées au bâtiment.

La livraison complète est prévue pour l’année 2029.

D’ici là, les premiers groupes locataires devraient intégrer les lieux dès novembre 2026, avant l’ouverture progressive des étages supérieurs.

La direction du Centre St-Pierre souligne également les retombées concrètes du projet : quatre nouveaux emplois s’ajouteront aux 34 postes actuels, tandis qu’environ 75 travailleurs communautaires occuperont le bâtiment et plus de 10 000 personnes devraient bénéficier des services offerts sur place par an.

Un quartier qui « a besoin d’amour »

Dans un contexte où plusieurs organismes communautaires peinent à trouver des espaces abordables à Montréal, la requalification de la Maison St-Pierre apparaît ainsi comme bien plus qu’un chantier immobilier.

Elle devient aussi une manière de redonner de la stabilité à un quartier qui, comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, « a besoin d’amour et d’investissements ».


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