D’une couverture à l’autre

Par L’équipe de Reflet de Société | Dossier Communautaire et Éducation

De la couverture d’un magazine jeunesse à l’écriture de romans, Marianne Marion incarne ce que La grande journée des petits entrepreneurs célèbre : la force d’un projet né tôt, et l’audace de poursuivre ses rêves à l’âge adulte. Aujourd’hui travailleuse sociale et écrivaine, elle nous a partagé, au cours d’une rencontre, son regard sur l’entrepreneuriat jeunesse, l’engagement précoce et les possibilités qui s’ouvrent quand on ose se lancer.

Lorsqu’elle était en secondaire 5, Marianne s’impliquait dans les comités sociaux de son école. Elle en était la représentante en communication. Pendant ses recherches, elle est tombée sur le magazine Reflet de Société et a décidé de les contacter pour leur parler d’un projet de son comité scolaire, soit suivre le mouvement Établissement Verts Brundtland (EVB). Elle a eu l’idée de contacter le magazine lors de la Journée de la terre, le 22 avril 2008. C’est alors dans le magazine 16.5, d’été 2008, que leur projet fût publié dans les pages de Reflet de Société, et que Marianne s’est retrouvée en page couverture.

Elle se souvient encore de l’effet que ça lui a produit lorsqu’elle a découvert qu’elle faisait la couverture : « Ça m’avait impressionnée et montré que mes petits gestes sociaux peuvent avoir de l’importance. Ça m’a donné confiance en la répercussion sociale et écologique. »

Pour le rédacteur en chef du magazine, Raymond Viger, mettre le projet de Marianne sur la sellette était d’une évidence même « Parler de son projet à autrui augmente l’estime de soi. Mais quand on le présente en page couverture d’un magazine provincial, l’intensité en est grandement amplifiée et demeure positivement ancrée en nous pour de grandes périodes de notre vie. Nous avions plus de 500 000 lecteurs à cette époque ! »

 D’une couverture à l’autre
Gracieusité : Marianne Marion

L’impact durable d’un premier engagement

Son engagement jeune à des projets sociaux et environnementaux, lui ont permis de se forger une personnalité et le but de se dépasser. Ces activités ont cultivé au fil du temps sa confiance en elle. « C’est grâce à l’école que j’ai pu accéder à tous ces projets et pu me développer. Autant au secondaire avec le projet EVB qu’au cégep avec ma candidature pour participer à la Fête de la science, en France. »

Être reconnue pour ses efforts, si jeune, a eu un effet propulseur : « L’implication sociale, c’est très muet. On est rarement sous les projecteurs. Donc, être sur une couverture de magazine a mis de la lumière à mon parcours et grandement amélioré ma confiance pour mes prochains projets. Je n’ai pas eu d’impacts négatifs à mon exposition sur le magazine. »

De l’implication à la création littéraire

Marianne a publié deux romans — et un troisième est en route. « J’ai toujours aimé lire et écrire. J’avais déjà écrit des petits livres brochés dans ma chambre, lorsque j’étais jeune. »

Mais son chemin ne semblait pas être écrit d’avance. « Je n’ai pas grandi dans une famille de lecteurs. J’ai grandi davantage dans la culture populaire, que dans la littérature. Lorsque j’étais enfant, je ne pensais jamais un jour publier un roman » se remémore-t-elle.

Pendant la pandémie, tout a changé pour elle. « En 2020, je me suis retrouvée avec beaucoup de temps libre… et avec un jeune enfant ! J’ai donc commencé à écrire pour passer le temps, puis, à l’été 2020, j’avais écrit 50 000 mots. »

Depuis, elle ne s’est pas arrêtée : « Premier roman, octobre 2021. Deuxième, mai 2022. Et un troisième livre est déjà signé et sera bientôt publié. »

Marianne Marion signe des romans de romance contemporaine québécoise centrés sur des personnages féminins qui traversent des étapes de vies majeures — passage à l’âge adulte, remise en question, quête d’identité —  souvent en toile de fond de cafés ou d’ambiances douces et humaines. Son premier titre, Café Tao, raconte à deux voix la rencontre de deux personnalités opposées qui apprennent à s’accorder. Son deuxième roman, quant à lui, Café Tourmen-Thé, explore la trentaine, la santé mentale, l’identité et les certitudes qui se fissurent, en suivant les mêmes personnages dans un nouveau tournant de leur vie.

Puis, il y aura aussi ce troisième livre dont nous devons taire le titre ou l’histoire. Rendez-vous en 2026.

Une jeunesse prête à entreprendre

Marianne connaît bien La grande journée des petits entrepreneurs. Elle la suit avec enthousiasme : « J’ai acheté des bracelets, du savon, et quelques articles pour mon fils. Je trouve que cette année, plus que jamais, l’événement a beaucoup rayonné. »

Elle voit dans La grande journée des petits entrepreneurs une formidable porte d’entrée vers l’action. « C’est un excellent premier contact avec le monde de l’entrepreneuriat. Dans les années 1990, ça n’existait pas. Si j’avais eu cette chance-là, j’aurais sauté dessus à pieds joints. »

Quant aux jeunes d’aujourd’hui, elle les défend avec conviction : « On les sous-estime. Oui, ils consomment beaucoup, mais ils sont aussi capables d’efforts soutenus et de comprendre la valeur du travail. Voir le résultat de ce qu’ils entreprennent, c’est formateur et très motivant. » Marianne distingue tout de même : « Il y a des enfants qui sont prêts à travailler avant 14 ans. J’aurais été une de ces enfants, mais ce n’est pas le cas de tous. »

Elle reste néanmoins lucide sur les limites à poser, car son regard de travailleuse sociale l’y oblige. Si elle applaudit les projets porteurs de sens, elle appelle aussi à la vigilance : « J’ai peur que certains enfants deviennent le pilier financier de leur famille, qu’ils délaissent l’école ou n’aient même pas accès à l’argent qu’ils gagnent. » 

Elle souligne ici un risque bien réel : celui d’une confusion entre autonomie et pression économique, notamment dans des contextes plus précaires. « Un enfant ne devrait jamais porter sur ses épaules la responsabilité financière du foyer. »

Mais pour elle, tout repose sur la nuance : « Il faut regarder au cas par cas. Dans des cadres bienveillants comme La grande journée des petits entrepreneurs, on peut au contraire assister à de très belles histoires. » 

Ce sont ces moments d’élan, ces petits projets qui allument des vocations, qu’elle tient à encourager. « À condition qu’on protège l’enfance et qu’on garde en tête que ce sont d’abord des espaces d’apprentissage. »

Bref, elle fait clairement la différence entre travail salarié et projet de création : « Un enfant qui fait des kiosques de bracelets, ce n’est pas pareil qu’un enfant qui passe toutes ses fins de semaine à travailler au McDo. »

À ceux qui hésitent à se lancer

Marianne s’adresse directement aux jeunes : « Plus que jamais, les possibilités sont infinies. Quand j’étais jeune, je n’aurais jamais eu le courage de faire des études littéraires parce qu’il fallait que je trouve un diplôme qui mène à un travail. Mais aujourd’hui, les choses ont changé. Les opportunités pleuvent. »

Elle rêve d’outils concrets pour nourrir cette créativité : « On devrait faire des vision boards (tableaux de vision) avec les enfants pour les aider à construire leurs rêves. »

Et son mot d’ordre ? « Toujours dire oui aux opportunités ! La vie passe tellement vite, ayons l’esprit large. »


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