Reflet de Société

La poésie comme planche de salut

Par l’Équipe de Reflet de Société | Dossier Culture

À 45 ans, Jean-Simon Brisebois s’impose comme une voix originale de la poésie québécoise. Un auteur-poète, bravant les stigmates pour faire résonner les voix oubliées et fait preuve d’acte de résilience, d’engagement et de survie, dès l’adolescence. 

Jean-Simon a commencé à écrire en 1997, à l’âge de 17 ans, dans un besoin profond de se réapproprier son identité. Il évoque dans ses textes une enfance difficile, marquée par la marginalité : un père motard décédé, une mère polytoxicomane, et un milieu familial dépourvu de don littéraire. C’est cette absence qui a nourri son écriture : « J’ai commencé à écrire sérieusement dans l’adolescence, j’avais ce besoin de m’exprimer, de crier qui je suis. » Ses thèmes initiaux étaient puissants : prostitution, marginalité, Dieu, anges et démons. À l’aube de l’âge adulte, ces motifs étaient ses armes contre l’anonymat d’un monde dur.

Il s’inspire beaucoup de la ville, des bars, et des personnages qu’il y rencontre : marginaux, prostituées, clochards, travestis, etc. Sa poésie mêle son propre vécu à celui de ces personnes souvent silencieuses, cherchant à mettre en lumière leur quotidien et leurs expériences de vie avec respect et compassion. Il n’hésite pas à se mettre à nu dans ses poèmes, partageant ses propres confidences biographiques. Il utilise l’écriture comme un moyen de dénonciation et de survie, cherchant à donner une voix à ceux qui ne peuvent pas s’exprimer.

Partager ses mots

Appuyé par son mentor, Raymond Viger, il franchit le pas vers l’édition de ses textes. Brisebois se voyait déjà comme véritable auteur à l’âge de 17 ans. Il a rencontré le programme Jeunes volontaires en 2005, ce qui lui a permis de financer son premier recueil de poésie, Renaissance

La poésie comme planche de salut
Crédit : Jean-Simon Brisebois

Avant tout, Jean-Simon cherchait à avoir de la reconnaissance, plutôt que du profit. « Je ne gagne pas beaucoup d’argent avec mes livres, c’est par passion que je le fais », dit-il. Le regard des pairs dans le milieu littéraire fut d’abord difficile. Jean-Simon devait lutter pour être pris au sérieux.

L’écriture, pour lui, est comparable à l’entrepreneuriat : il faut se vendre, développer un personnage, un projet artistique. Il a toujours cherché à créer des espaces pour les jeunes créateurs, « donner plus de place à la culture, même avant le secondaire 5 », plaide-t-il. 

Jean-Simon Brisebois incarne ce que la littérature peut être : une voie de rédemption, de renouveau, un engagement passionné et artisanal. Un auteur-poète, bravant les stigmates pour faire résonner les voix oubliées et une leçon de vie portée par la plume, dès l’adolescence.

Il avoue qu’il aimerait être intervenant et mentor pour les jeunes, non pour devenir une idole, mais pour transmettre un exemple vivant de persévérance. Il encourage les jeunes à faire du bénévolat créatif : une forme d’engagement sans pression économique, mais riche en apprentissages. Ses années de bénévolat au sein du Café Graffiti lui ont permis de développer son art et de rencontrer Raymond. Il adopte quand même l’importance de rester à l’école et de développer ses passions au travers de son éducation.

Chers auteurs…

À un ado de 14 ou 15 ans qui écrit, il dirait : « Fonce, crois en toi. C’est par la pratique que l’on devient bon. Il faut expérimenter. Tu peux écrire maintenant ». Il prépare d’ailleurs son prochain livre, Au nom d’un père, mêlant poésie du deuil, de l’amour et de la perte — inspiré par la mort de son père et ses propres excès.

Et à son « lui » de 17 ans, il adresserait ce conseil : « Ne doute pas, fais ce pas de plus. Parce que l’un te rapproche de la ligne d’arrivée, l’autre te garde en retrait. » Il relit ses premiers textes avec une tendresse mêlée de recul : malgré la distance, ils portent la griffe de sa jeunesse, crue et franche.

Son mentor lui avait dit plus tôt : « Quand tu vas commencer à écrire, tu ne t’arrêteras jamais. » Un cercle vertueux de créations et de défis qu’il n’a jamais cessé d’alimenter, 28 ans plus tard.


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