Éditorial Raymond Viger | Dossier Économie familiale, Économie.
Dans ce numéro vous découvrirez une grande brochette de jeunes qui ont créé leurs entreprises. Ce qu’ils ont en commun : ils sont tous fiers de leur implication et celle-ci a été positivement significative dans leur devenir.
Certains enfants ont débuté très jeunes. Mais est-ce vraiment légal, sachant qu’au Québec, la loi qui fixe l’âge minimal légal pour travailler détermine celui-ci à 14 ans?
Commençons par regarder les exceptions qui sont permises.
La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) nous résume la réglementation sur le travail des enfants et des jeunes. Sous la supervision constante d’un adulte, un jeune peut occuper les emplois suivants :
- Créateur ou interprète dans un domaine de production artistique;
- Livreur de journaux et d’autres publications;
- Gardien d’enfants;
- Aide aux devoirs ou tutorat;
- Dans une entreprise familiale de 10 employés ou moins ;
- Dans un organisme à but non lucratif à vocation sociale et communautaire, comme une colonie de vacances, un camp de jour ou un organisme de loisirs ;
- Dans un organisme sportif à but non lucratif dans le cadre d’activités sportives pour assister une autre personne, comme un aide-moniteur, assistant-entraîneur ou marqueur;
- Pour une municipalité dans le cadre d’activités de loisir qu’elle organise comme un camp de jour ou un camp de vacances;
- Dans une entreprise agricole de 10 employés ou moins. Le jeune doit avoir 12 ans ou plus pour des travaux manuels légers, prendre soin des animaux ou préparer le sol.
Le Code civil du Québec, dans l’article 156, traite de l’émancipation des mineurs dès l’âge de 14 ans. Cela signifie qu’un mineur de 14 ans ou plus peut signer des contrats de travail sans l’autorisation de ses parents.
De plus, l’article 84.4 de la Loi sur les normes du travail souligne que l’on ne peut faire travailler des enfants pendant les heures de classe, plus de 17 heures par semaine ni pendant plus de 10 heures du lundi au vendredi. L’article 84,6 stipule qu’il ne peut travailler de nuit entre 23h et 6h.
L’objectif de toutes ces lois est de protéger les enfants contre les abus, le travail forcé, la dangerosité de certains emplois… Des objectifs très louables, mais qui peuvent créer certaines injustices.
Ma fille, à 12 ans, aurait pu travailler dans mon entreprise familiale. Mais ma petite-fille, au même âge, ne le pourrait pas.
Mon voisin, qui n’a pas d’entreprise familiale, ne peut pas offrir à son garçon l’expérience d’un emploi avec moi.
Un point litigieux est le sens que l’on donne à « faire travailler ». Quand j’ai fait du porte-à-porte dès l’âge de six ans pour représenter deux jeunes artistes et vendre leurs créations, personne ne m’avait engagé pour le faire. C’était une initiative personnelle pour créer mon entreprise. Si, à 10 ans, je veux vendre de la limonade pendant les journées chaudes de l’été, je ne peux pas le faire pour une entreprise, mais je peux le faire de mon propre chef, d’une façon artisanale.
Tous les jeunes que nous présentons dans ce numéro ont débuté des expériences de travail en bas âge. Une initiative personnelle de leur propre volonté, sans subir aucune pression d’un employeur. Le soutien et l’accompagnement familial étaient présents pour plusieurs d’entre eux.
Il faut avoir participé aux activités de La grande journée des petits entrepreneurs pour voir le plaisir et la motivation de ces jeunes dans la création de leurs entreprises et dans l’expérimentation de l’entrepreneuriat.
Illustration : Iris Dugauquier
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