Papier ou internet : qui pollue le plus?

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Par Colin McGregor | Dossier Environnement

Certains maintiennent que d’imprimer des copies papier est polluant et, qu’au contraire, leur version digitale n’engendrerait aucun dommage environnemental. Le monde de l’informatique et d’internet est en fait très énergivore et polluant.

Un internaute moyen consomme environ 365 kWh d’électricité nécessitant 2 900 litres d’eau par an en naviguant sur le web, correspondant au CO2 émis lorsqu’il parcourt 1 400 km en voiture, selon le site web de référence energuide.be

Les journaux digitaux suscitent des coûts environnementaux. Un courriel d’un mégaoctet (1 Mo) émet sur son cycle de vie total 20 g de CO2, l’équivalent d’une vieille lampe de 60 W allumée pendant 25 min. Vingt courriels par jour et par utilisateur pendant un an génèrent les mêmes émissions de CO2 qu’une voiture parcourant 1000 km. 

Une heure de streaming vidéo génère 400 g de CO2, selon l’expert chercheur français Basile Fighiera.

Le processus de production des serveurs et des ordinateurs a des impacts qui dégradent l’environnement terrestre, mais qui ne sont recensés nulle part dans les informations sur la consommation d’énergie. Il s’agit pourtant de centaines de métaux, de produits chimiques toxiques, de produits pétroliers hautement raffinés. 

L’informatique dépend d’éléments de métaux rares. Le processus d’extraction utilise beaucoup de produits chimiques toxiques ainsi que de grandes quantités d’eau. Il faut trier une énorme quantité de roches pour récupérer d’infimes quantités de ces métaux.  

La dévastation et l’héritage toxique de l’exploitation minière, du forage et de la transformation perdureront pendant de nombreuses générations à venir.

Les communautés pauvres du monde entier sont touchées par cette situation. La plupart des pays détenant la matière de base pour les ordinateurs sont ravagés par la guerre et une surexploitation de leurs ressources. 

Ils font aussi face à d’atroces violations continues des droits de l’homme et du droit à la protection de l’environnement. Le premier extracteur des métaux rares dans le monde est la Chine. Selon le gouvernement du Canada, 70 % de la production minière mondiale des métaux rares proviennent de la Chine, qui n’est pas connue pour le respect des droits humains.

Quand les serveurs, ordinateurs et tablettes sont finis, ils se retrouvent trop souvent dans le dépotoir. Il existe deux catégories de déchets toxiques provenant des produits électroniques. Il y a des métaux lourds tels que le mercure, le lithium, le plomb et le baryum. Il y a ensuite les retardateurs de flamme qui produisent des dioxines toxiques. Si on les laisse pourrir dans un dépotoir, ces substances peuvent contaminer le sol et l’eau. Si les composants de l’ordinateur sont déchiquetés ou brûlés, même l’air en est affecté.

Durée de vie

Un magazine a une durée de vie assez longue, il peut circuler et rejoindre un nouveau lectorat. Le papier est recyclable, renouvelable et biodégradable. Il peut être recyclé jusqu’à sept fois. C’est un produit durable. Au-delà de sept fois. De nouvelles fibres doivent être ajoutées. Ne jetez jamais de vieux magazines à la poubelle, même s’ils sont en mauvais état.

Les livres et les magazines sont mis en balles et envoyés à une usine. Il y a des « pulpeurs », des machines qui introduisent de l’eau et des produits chimiques pour décomposer le papier en fibres. Ensuite, les encres et les adhésifs sont retirés. Les fibres se lient ensemble pour être roulées et séchées. Elles sont ensuite envoyées pour fabriquer de nouveaux produits. 

Le papier recyclé sert à fabriquer des filtres à café, des cartons d’œufs, les essuie-tout…

L’utilisation de papier n’est pas problématique pour l’environnement. L’industrie s’implique pour le reboisement et la gestion durable des forêts.  

Votre carton d’œufs dans le frigo a peut-être été un numéro de Reflet de Société de l’année dernière !

Métaux précieux qui se retrouvent dans nos appareils informatiques 

Or – Cartes de circuits imprimés, puces informatiques (CPU), connecteurs/doigts

Argent – Cartes de circuits imprimés, puces informatiques, membranes de clavier, certains condensateurs

Platinum – Disques durs, composants de circuits imprimés

Palladium – Disques durs, composants de circuits imprimés (condensateurs)

Cuivre – Dissipateurs thermiques du processeur, câblage et câbles, cartes de circuits imprimés, puces informatiques

Nickel – Composants de circuits imprimés

Tantale – Composants de circuits imprimés (certains condensateurs)

Cobalt – Disques durs

Aluminium – Cartes de circuits imprimés, puces informatiques, disques durs, dissipateurs thermiques pour processeurs

Étain – Cartes de circuits imprimés, puces informatiques

Zinc – Cartes de circuits imprimés

Néodyme – Disques durs (aimants)

Les éléments des terres rares (ETR) constituent un groupe de 17 éléments, dont les 15 éléments du tableau périodique appelés les lanthanides, ainsi que les métaux de transition que sont le scandium et l’yttrium. Les ETR constituent des composantes essentielles de nombreux appareils électroniques que nous utilisons au quotidien.

– Source : Concept Management, Gouvernement du Canada

Le cobalt

Le cobalt est utilisé principalement dans les batteries lithium-ion. On le retrouve dans les automobiles électriques, téléphones portables, ordinateurs portables, tablettes, écouteurs Bluetooth et brosses à dents électriques.

La République démocratique du Congo produit 70 % de l’approvisionnement mondial, soit environ 170 000 tonnes métriques par an.

Selon Siddharth Kara, de l’Université de Harvard, une grande partie du cobalt du Congo est extraite dans des conditions d’esclavage. « Les gens travaillent dans des conditions inhumaines, pénibles et dégradantes. Ils utilisent des pioches et des pelles pour creuser et fouiller la terre dans des tranchées, des puits et des tunnels pour recueillir le cobalt. » Ils ne sont payés que quelques dollars par jour pour leur travail dur et risqué.

Le Canada représente 2 % de la production mondiale. On extrait du cobalt au Québec, un sous-produit de l’exploitation du cuivre et du nickel, à la mine Raglan au Nunavik.

illustration : Benoit Thevenon


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Vue de ma cellule, ma vie en prison par Colin McGregor

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Une rencontre fortuite avec un détenu d’une prison fédérale a conduit Colin McGregor, diplômé en philosophie, journaliste condamné à perpétuité, à envoyer un court article improvisé à Raymond Viger, éditeur du magazine Reflet de Société.

C’était en 2009. Leur collaboration, aidée par les membres de l’équipe de Raymond à Reflet de Société, a donné naissance à des années d’articles de l’intérieur expliquant aux lecteurs ce qu’était la prison. 

Colin est sorti de prison en 2020 après plus de 29 ans derrière les barreaux. À partir de 2021, il a commencé à travailler à Reflet de SociétéVue de ma cellule est un recueil de ses écrits carcéraux. Des récits bruts. Souvent touchant, parfois instructif, jamais ennuyeux.

Une nouveauté des Éditions TNT disponible dans toutes bonnes librairies.

Vue de ma cellule, ma vie en prison par Colin McGregor

Autre Roman publié en anglais par Colin McGregor ; Teammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates. This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

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