Par Colin McGregor | Dossier Environnement
Nous confions au recyclage des tonnes de matériel. Mais sont-ils vraiment recyclés ?
Quand j’étais très jeune, il y avait aussi du recyclage. C’était avant les bacs verts que nous connaissons aujourd’hui.
À l’époque, le laitier effectuait chaque jour des livraisons à domicile avec sa remorque qui était parfois tirée par des chevaux plutôt que par un moteur. Le lait était mis dans des bouteilles en verre avec couvercle en carton ou en aluminium. Une fois que la bouteille était vide, elle était lavée et redonnée au laitier pour être réutilisée.
Aujourd’hui, le recyclage est devenu une énorme industrie. Les bacs verts et bruns sont omniprésents au bord des rues ou des trottoirs.
Selon des experts, 20 à 30 % du papier est recyclé alors que pour certains autres matériels, ce taux est plus élevé. L’industrie des pâtes et papiers veut du papier recyclé qu’elle peut transformer en papier de toilette ou pour d’autres usages. On peut recycler plus de 90 % de tous les métaux et 40% du verre que l’on trie est broyé pour fabriquer un revêtement sablonneux qui recouvre les décharges.
Les boîtes de pizza tachées par de la sauce tomate ou tout papier contenant des matières organiques, imbibés de gras ne peuvent pas être recyclés. Recyc-Québec précise qu’il faut les déposer pour le compostage.
Selon une source du milieu qui préfère conserver l’anonymat, certains plastiques seraient envoyés aux cimenteries pour être utilisés comme combustibles afin d’augmenter la température de leurs fours. Le papier ne peut brûler qu’à environ 750-800 degrés, mais les plastiques peuvent atteindre plus de 1 000 degrés.
Selon Recyc-Québec, une certaine proportion du plastique récupéré ne peut être traitée au Québec et doit être acheminée à l’extérieur du pays pour y être recyclée. En 2021, un peu plus de 40 000 tonnes de plastique auraient été exportées depuis le Québec vers différentes destinations hors du Canada. Les plastiques qui ne sont pas utilisés par des cimenteries et qu’on ne recycle pas vont à la décharge ou sont envoyés légalement et illégalement vers les pays du tiers-monde.
Comment sait-on si quelque chose en plastique est recyclable ?
Depuis 1970, sur les articles en plastique, le logo composé de trois flèches triangulaires et un chiffre entre 1 et 7, est appelé bande de Möbius. Cela signifie que le produit est recyclable. Ce sont des thermoplastiques, c’est-à-dire qu’ils ramollissent avec la chaleur. Le numéro nous indique le type de composante. Si le produit ne possède pas ces informations, il n’est souvent pas recyclable.
On n’a pas à tenir compte du pourcentage au centre du logo qui indique la quantité de matières recyclées contenues dans la fabrication de cet emballage. Cela ne donne aucune indication sur la possibilité ou non de recycler l’emballage.
En théorie, tous les plastiques sont recyclables. En pratique… ce n’est pas toujours le cas ! Si les plastiques de type 1 et 2 sont bien recyclés, certains déchets plastiques restent difficiles à traiter. C’est le cas des emballages trop fins, comme les films plastiques, les emballages composites (composés de plusieurs matériaux) et le polystyrène. Les jouets et la vaisselle en plastique dur ne sont pas des articles recyclables.
Selon notre source anonyme, « le monde du recyclage est l’un des endroits les plus sombres que je n’ai jamais vus. Les chiffres exacts manquent. Quinze lieux d’enfouissement et de traitement de déchets figurent parmi les 100 entreprises les plus polluantes du Québec ». Par exemple, le lieu d’enfouissement technique WM Québec qui dessert la région de Drummondville, émet une quantité de gaz à effet de serre (GES) équivalente à la consommation annuelle moyenne de 38 973 voitures (données de 2021).
Pour plus d’information: www.recyc-quebec.gouv.qc.ca
Commerce illégal de la pollution plastique
Selon le Globe and Mail (19 octobre 2023), Interpol signale une forte augmentation du commerce illégal de la pollution plastique. Des revendeurs se font payer pour les ramasser mais les éparpillent à travers une quarantaine de pays du Tiers monde.
Une agente d’information de la Ville de Montréal affirme que tous les déchets de Montréal sont triés et traités.
L’enquêteur José Vicente Lopez, relié à l’Université de Madrid, écrit dans le Magazine Green Innovation qu’Interpol a arrêté 22 personnes suspectées d’être impliquées dans un réseau criminel de trafic de déchets plastiques. Il souligne qu’en 2020, les pays de l’OCDE ont envoyé illégalement 1,7 milliard de tonnes de déchets plastiques via des intermédiaires ou des « courtiers ». Et le Canada fait partie de ce groupe de pays.
FAMILLES PLASTIQUES : que signifie le nombre dans le triangle sur certains plastiques :
1) PET – POLYÉTHYLÈNE TÉRÉPHTALATE – Bouteilles d’eau et de soda, emballages jetables, vêtements polaires, etc.
2) PEHD – POLYÉTHYLÈNE HAUTE DENSITÉ – Bouteilles de lait, produits d’entretien, flacons de médicaments, etc.
3) PVC – CHLORURE DE POLYVINYLE – Tuyaux, fenêtres, portes, etc.
4) PEBD – POLYÉTHYLÈNE BASSE DENSITÉ – Sacs, films et sachets plastiques…
5) PP – POLYPROPYLÈNE – Pièces en plastique pour ordinateurs, automobiles, etc.
6) PS – POLYSTYRÈNE – Gobelets, assiettes jetables, stylos, pots de yaourt, etc.
7) AUTRES – CD, nylon, acrylique, lunettes de protection, biberons…
Autres textes sur l’Environnement
- Biopiraterie : la situation au Québec
- Autonomie avec un grand A
- Les lingettes jetables sont jetables dans les toilettes ?
Pour s’abonner à Reflet de Société cliquez ici.
Pour faire un don cliquez ici.
Continuez votre lecture:
Nouveautés littéraires
Vue de ma cellule, ma vie en prison par Colin McGregor
Une rencontre fortuite avec un détenu d’une prison fédérale a conduit Colin McGregor, diplômé en philosophie, journaliste condamné à perpétuité, à envoyer un court article improvisé à Raymond Viger, éditeur du magazine Reflet de Société.
C’était en 2009. Leur collaboration, aidée par les membres de l’équipe de Raymond à Reflet de Société, a donné naissance à des années d’articles de l’intérieur expliquant aux lecteurs ce qu’était la prison.
Colin est sorti de prison en 2020 après plus de 29 ans derrière les barreaux. À partir de 2021, il a commencé à travailler à Reflet de Société. Vue de ma cellule est un recueil de ses écrits carcéraux. Des récits bruts. Souvent touchant, parfois instructif, jamais ennuyeux.
Une nouveauté des Éditions TNT disponible dans toutes bonnes librairies.
Vue de ma cellule, ma vie en prison par Colin McGregor
Autre Roman publié en anglais par Colin McGregor ; Teammates
Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates. This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.
Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.


Bonjour
J’essaie de lire un article et à chaque fois que je clique sur l’article, ça ne s’ouvre pas.
Ça me ramène toujours au début en me disant de me connecter, mais je suis déjà connecté.
Que dois-je faire pour lire l’article?
Malheureusement votre abonnement est terminé et ce contenu est réservé aux personnes qui sont abonnés. Vous pouvez vous réabonner pour continué à lire le contenu réservé. Merci
Bonjour.
Les textes sur notre site sont disponibles pendant 6 mois qu’aux membres abonnés à notre magazine numérique. Ils deviennent ensuite disponibles pour tous.
Raymond.