Quoi faire des locaux vides sur la rue Sainte-Catherine ?

Frédérique Lapointe | Dossier Communautaire

Une taxe sur les locaux commerciaux vacants, est-ce possible ? Le jeudi 21 mai 2026, à une conférence de presse donnée au coin des rues Sainte-Catherine Est et Aird, le député solidaire Alexandre Leduc fait appel au soutien de la Ville pour implanter une telle mesure.

Sur la rue Sainte-Catherine Est, plusieurs locaux vides et abandonnés peuplent la rue. Au cœur des grandes artères du quartier Hochelaga-Maisonneuve, le taux d’inoccupation des espaces commerciaux atteint les 20 %, pour une moyenne de 12 % à l’échelle de la Ville de Montréal. De plus, leur nombre s’élève à 110, dont 58 seulement sur la rue Sainte-Catherine Est.

La conférence de presse avait d’ailleurs lieu devant un local touché par cette tendance. Sur sa devanture, l’on parvient encore à discerner son nom : Le Carré. À l’intérieur, on perçoit des tabourets et du mobilier poussiéreux. À l’extérieur, les pigeons circulent librement autour du commerce déchu.

Le lieu était donc bien choisi pour le lancement de la campagne d’Alexandre Leduc. En plus d’aborder l’enjeu de l’attractivité de la rue, il y a également déploré l’impossibilité pour des petits commerçants et entrepreneurs de louer des locaux en raison des loyers exorbitants. Pourquoi donc est-ce le cas ? Tout simplement, car cela représente moins de pertes financières pour les propriétaires, ce qui leur permet donc d’obtenir plus de rentabilité.

« Il faut que ça cesse », affirme M. Leduc. Le député a donc lancé une campagne citoyenne pour demander à la Ville de Montréal l’instauration d’une taxe d’inoccupation sur les locaux commerciaux vacants.

Lors de la conférence de presse, M. Leduc a par ailleurs souligné la vitalité culturelle qui a historiquement fait la force du boulevard. « J’habite ici depuis 2007. La Sainte-Cath a toujours vivoté économiquement. Elle a toujours eu des défis. Elle a réussi à survivre grâce à une poignée de commerçants dédiés. »

Cette proposition n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe : elle a déjà été implantée ailleurs dans la province, notamment dans les villes de Rimouski, Pincourt, Salaberry-de-Valleyfield et Sainte-Agathe-des-Monts.

Revitalisation du quartier

Cette taxe serait utilisée pour revitaliser le quartier, insuffler une nouvelle vie à la rue Sainte-Catherine et à ses environs et offrir des bourses aux petites entreprises afin qu’elle puisse s’installer dans le coin.

Même si l’idée de taxer la population n’est pas « vendeur politiquement », M. Leduc affirme avoir déjà obtenu l’appui de plusieurs propriétaires de l’arrondissement, notamment sous la forme de lettres.

En effet, aux côtés de M. Leduc se trouvaient également Karina Hammond, copropriétaire de La Tisanerie Mandala depuis 14 ans, ainsi que Jonathan Alarie, directeur de la Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve. Tous deux se sont portés en faveur de la campagne citoyenne du député solidaire.

Mme Hammond a raconté avoir elle-même subi des difficultés à trouver un lieu pour son commerce en raison de cette problématique. « Lorsque je cherchais un local il y a 14 ans pour ouvrir mon local, il y en a eu un qui m’intéressait particulièrement. J’ai tenté de contacter le propriétaire à plusieurs reprises, sans recevoir de réponse. Aujourd’hui, ce local est toujours vacant. »

Ainsi, les impacts de ce phénomène se font ressentir autant chez les commerçants que chez les citoyens : des vitrines détériorées, une accumulation de débris, de l’insalubrité, un sentiment d’insécurité, sans compter les organismes et commerces qui peinent à trouver un espace adéquat en raison de loyers trop élevés.

Selon Mme Hammond, une taxe d’inoccupation enverrait un message clair : les rues commerciales ne doivent pas servir à la spéculation ou à l’abandon. Elles doivent être des lieux vivants, accessibles et sécuritaires pour les citoyens et les commerçants qui choisissent d’y investir temps, argent et énergie. 

Photo en haut : Alexandre Leduc parle. Crédit Frédérique Lapointe


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Frédérique Lapointe
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Frédérique Lapointe est une journaliste et créatrice de contenu basée à Montréal. Écrivaine dans l’âme et rédactrice de journaux intimes de son enfance à son adolescence, elle a commencé à s’intéresser à l’écriture journalistique lors de ses études au Collège André-Grasset. Passionnée de culture (cinéma, musique et littérature), Frédérique est également détentrice d’un baccalauréat en études cinématographiques à l’Université Concordia, d’où elle a gradué à l’été 2024. Là-bas, elle apprend l’art de l’analyse et le pouvoir de l’écriture à travers les mots et l’engagement politique et personnel. À travers le cinéma, elle s’intéresse au monde qui l’entoure et à ses milliards de vies humaines, toutes plus uniques les unes que les autres. En 2024, elle est admise dans le programme DESS en journalisme — niveau maîtrise à l’Université de Montréal. Là, elle complète un stage au média indépendant des étudiantes et étudiants de l’UdeM, Quartier Libre. Après la complétion de ce stage en décembre 2025, elle intègre l’équipe de Reflet de Société à titre de journaliste indépendante. Frédérique Lapointe est passionnée par tout ce qui a attrait aux enjeux actuels et à la justice sociale. Elle espère qu’à travers ses histoires et son écriture, les lecteur·ice·s se sensibiliseront aux enjeux de notre époque et qu’ils bénéficieront d’un travail journalistique complet, recherché et impartial. Pour Frédérique, le savoir est plus qu’une arme : c’est une nécessité. À travers son travail, elle cherche à donner une voix à celles et ceux qui n’en ont pas et est déterminée à poser sa pierre à l’édifice du journalisme indépendant, ancré dans le social et la relation avec les citoyennes et citoyens.

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