Colin McGregor | Dossier Médias
Votre succès est primordial et vous frôlez la crise de nerfs ? Alors ce livre est fait pour vous. Surtout si vous êtes une mère de famille.
La romancière Marie-Pierre Duval a été recherchiste, productrice et autrice de documentaires à la télé, ayant remporté quatre prix Gémeaux au fil de son parcours. En 2017 elle a amorcé un changement de vie majeur. Tout comme sa protagoniste, une femme prénommée Marie, qui a aussi un grand succès derrière la caméra.
Elle quitte son emploi, souffre d’un burn-out (syndrome d’épuisement professionnel) spectaculaire, se retrouve dans son lit en ne faisant rien pendant un mois. Elle s’efforce tranquillement de reconstruire sa vie brisée de la seule manière qu’elle connaît : en amorçant des recherches sur ce qu’est un burn-out.
On ne peut départager la part fictive de cette œuvre et celle liée à la vie de Mme Duval. Au début du livre, en toutes petites lettres sur la page éditeur où se trouvent des données sur la publication, on lit la déclaration suivante :
Bien qu’inspiré en partie des faits réels, cet ouvrage est une œuvre de fiction ; on ne saura associer aux personnages ni aux événements décrits leurs pendants dans la réalité.

Néanmoins, on peut imaginer ses anciens collègues de travail penchés sur ce livre à sa sortie, cherchant à savoir de quels personnages, parfois décrits de manière très négative (comme « le Petit crisse »), il peut s’agir.
La première moitié du roman traite des interactions du personnage principal avec ses collègues de travail au cours de 20 ans d’une vie professionnelle très réussie. Ces personnages sautent aux yeux. C’est un monde sous haute pression où votre travail dépend de votre disponibilité 24 heures sur 24 et où vous devez vous tenir au courant de l’actualité.
Les pressions du travail nuisent à son mariage et à sa capacité à agir comme une mère pour son fils. Mais elle sait que dans ce monde médiatique où les contrats sont octroyés chaque année, elle ne peut rien rater.
Dans la seconde moitié du livre, nous découvrons comment une femme d’une quarantaine d’années doit se couper de tout pour sauver sa santé mentale, son mariage et sa famille. Nous sommes au courant de ses pensées et de ses sentiments les plus intimes. Elle lit des livres, consulte un psychiatre, passe une semaine de froid seule dans un chalet des Laurentides, tout cela pour essayer de se sortir de sa déprime.
Au cours de ses recherches, sa propre révolution tranquille, elle se plonge dans la province où elle a passé sa vie, le Québec, un endroit qu’elle souhaite désespérément voir devenir un pays. La défaite du camp du « Oui » lors de deux référendums est une véritable blessure à son esprit qui la propulse dans sa carrière et dans son après-carrière autant que tout ce qui lui est arrivé. Elle est fièrement québécoise.
Un autre personnage de ce roman est la technologie elle-même. Dans l’ère que nous vivons, il est difficile de décrocher totalement. De plus, ce métier demande de rester à l’affût sept jours sur sept, ça en devient une vrai torture. Comme le supplice de la goutte d’eau, Marie reçoit chaque nouvelle comme une lourde goutte attaquant son esprit en continue jusqu’a en devenir fou. Nous pouvons tous sympathiser avec cela.
Trouve-t-elle des réponses concrètes à ses questions ? Pas vraiment. Mais un dernier voyage de retour dans le monde de la télévision, sous la forme d’une cérémonie de remise de prix pour une émission sur laquelle elle a travaillé, la convainc qu’elle a pris la bonne décision en se déconnectant des médias. Elle ne cache rien.
C’est un voyage fascinant et nous sommes tous de la partie. Le livre se lit rapidement malgré le nombre de pages. Après plus de 20 ans en incubation, cette autrice ouverte et loquace nous propose son premier roman.
Au pays du désespoir tranquille par Marie-Pierre Duval, Éditions Stanké, 303 pages
Au pays du désespoir tranquille par Marie-Pierre Duval
Éditions Stanké, 303 pages
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