Par Raymond Viger | Dossier Politique
J’ai fait cinq années comme pilote dans l’aviation civile.
Les licences que j’avais m’obligeaient à subir des examens en vol à tous les six mois. Question de savoir si j’avais conservé mes habiletés me permettant de piloter en toutes circonstances, météorologiques ou techniques, en cas par exemple de bris d’équipements. De plus, je devais régulièrement passer des examens médicaux.
Tout ce protocole pour s’assurer qu’un pilote ne mette pas en danger la vie des centaines de passagers que son avion peut transporter.
En politique, en revanche, nous sommes prêts à laisser gouverner en « roi et maître » des personnes d’un certain âge pendant quatre années tout en leur laissant l’accès au bouton rouge de notre arsenal nucléaire!
Si les élections américaines 2024 avaient été précipitées, la sénilité de Joe Biden alors moins visible, le peuple aurait-il élu une personne sénile comme président des États-Unis ?
Si un pilote subit des examens physiques, psychologiques et techniques pour la survie de quelques centaines de passagers, que devrions-nous imposer à un président responsable de centaines de millions de vies humaines?
Il faudrait plus qu’une équipe de protection médicale qui l’escorte pour répondre à la moindre urgence ou prendre en charge tout problème de santé. Je pense plutôt à une équipe pluridisciplinaire susceptible, si besoin est, de mettre un terme au mandat du président. Un groupe composé de médecin, psychologue, psychiatre et autres spécialistes pouvant sonner l’alarme quand la présidence devient sénile, impotente ; quand elle n’est plus en état d’exercer son rôle d’autorité.
La démocratie doit permettre d’octroyer des pouvoirs à une personne en mesure d’en faire bon usage. Mais aussi de lui retirer en tout temps si celle-ci est considérée comme dangereuse, que ce soit pour elle-même ou pour la société.
Un médecin ou un policier peut, [Z1] en permanence, faire interner un citoyen s’il représente un risque pour lui-même ou pour son entourage. Pourquoi ne pas soumettre le président des États-Unis aux mêmes règles?
Biden 81 ans. La pression d’importantes personnalités du Parti démocrate, tel que Barack Obama, a convaincu Joe Biden de céder sa place en juillet 2024. Ses capacités cognitives inquiétaient bien du monde.
Trump 78 ans. Il fait l’objet de différentes poursuites judiciaires, et risque même la prison. Ce qui ne l’a pas empêché d’être élu en 2017 et de se représenter candidat à la présidentielle de 2024. Une personne agressive qui dit n’importe quoi.
La situation de 2020 s’est réitérée en 2024, jusqu’à ce que Biden se retire, à la suite des nombreuses incartades qu’a engendrées sa sénilité.
Ces situations-là sont-elles démocratiques ?
Est-ce bien les deux choix que la démocratie présente aux électeurs américains ?
Je réitère mon rêve le plus fou. Que nous prenions exemple sur les Inuits et leur façon de gouverner leurs territoires.
Le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest fonctionnent sans parti politique. Tous les députés sont tous élus comme indépendants. Ces élus décident entre eux à qui attribuer les différentes tâches et fonctions. Ce sont des gouvernements de consensus. Les députés ne représentent pas de partis politiques et travaillent en étroite collaboration afin d’adopter des lois. Au lieu de se retrouver en chambre face à face comme s’ils faisaient la guerre, ils siègent en cercle.
Si un des élus devient sénile, le groupe veillera à la bonne continuité de l’assemblée.
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