Miss Cameroun vient d’arriver à Montréal
Oumou Diakité | Dossier Culture
Une couronne, un défilé, des robes de soirée. À première vue, Miss Cameroun Montréal ressemble à bien des concours de beauté. Pourtant, derrière les projecteurs, les organisateurs défendent une vision bien différente : celle d’un espace où les femmes camerounaises peuvent raconter qui elles sont, faire rayonner leurs projets et affirmer leur place au sein de la société québécoise.
« On ne cherche pas uniquement une belle femme », résume Gilles Cédric Kouanga, coordonnateur de l’événement. « On veut une femme capable de porter une voix, un projet et une culture. »

Cette volonté est visible dès le processus de sélection. Les candidates sont bien sûr évaluées sur leur aisance sur scène, mais aussi sur leur éloquence, leur personnalité et les causes qu’elles souhaitent défendre. Plutôt des entretiens classiques, donc. Mais ce qui est intéressant est que certaines profitent même du concours pour faire connaître un projet entrepreneurial ou communautaire.
À ses yeux, la beauté ne peut plus être le seul critère. « Pendant longtemps, les femmes noires ont été peu représentées dans les standards de beauté. Aujourd’hui, nous voulons montrer que la beauté africaine existe dans toute sa diversité. » Ici, aucune taille minimale ni morphologie imposée : chaque participante est invitée à se présenter telle qu’elle est.
Mais au fond, le concours ne parle pas seulement de beauté. Il parle d’appartenance. Installée au Québec, la communauté camerounaise ne cesse de grandir. Pour Gilles Cédric Kouanga, il est devenu nécessaire de créer des espaces où cette culture peut être célébrée, non pas en vase clos, mais en dialogue avec l’ensemble de la société québécoise.
« Nous ne voulons pas organiser un événement réservé aux Camerounais. Nous voulons que tout le monde puisse venir découvrir notre culture. » Cette ouverture distingue, selon lui, Miss Cameroun Montréal de plusieurs autres concours communautaires déjà présents au Canada.
L’objectif n’est pas simplement de désigner une gagnante, mais de créer un rendez-vous culturel où la mode, la danse, la musique et l’entrepreneuriat deviennent des portes d’entrée vers le Cameroun.
Le 29 août 2026, les dix finalistes monteront sur scène à Montréal. L’une d’elles repartira avec une couronne et un mandat d’un an pour représenter le concours lors de différentes activités culturelles. Les autres repartiront peut-être avec quelque chose de plus discret, mais tout aussi précieux : une visibilité nouvelle pour leurs idées, leurs projets et leur parcours.
Car, au fond, Miss Cameroun Montréal pose une question qui dépasse largement le monde des concours de beauté : comment une communauté choisit-elle de se raconter lorsqu’elle est loin de son pays d’origine ?
Et pour tous les curieux, plus d’informations ici : https://www.misscamerounmontreal.com/
Photo en haut : Candidate à Miss Cameroun Montréal, Joelle Camogne (Crédit photo : Rony Talla)
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