Petits entrepreneurs, grande vision

L’équipe de Reflet de Société | Dossier Économie familiale, Économie.

Pour Lan Anh Vuong, directrice générale de La grande journée des petits entrepreneurs depuis 2023, l’entrepreneuriat n’est pas une affaire d’âge, mais de confiance. Chaque année, elle voit des centaines d’enfants de 5 à 17 ans s’emparer de cette journée pour créer, inventer, vendre — et surtout grandir.

« Le travail, ce n’est pas une question d’âge, c’est une question d’élan », affirme Lan Anh. La grande journée a été fondée en 2014 par Mathieu Ouellet, Isabelle Genest et Catherine Morissette. Aujourd’hui Lan Anh dirige cette initiative qui permet aux enfants de vivre une véritable expérience entrepreneuriale, mais à leur rythme et dans leur univers. « C’est une démarche joyeuse et sécuritaire », précise-t-elle.

Chaque année, des centaines de jeunes relèvent le défi : nom accrocheur, logo, prix, mise en marché, présentation du kiosque… Derrière les limonades et les savons faits main, c’est tout un monde qui se construit. « C’est une initiation à la gestion, au marketing, à l’expression de soi. Mais surtout, c’est un moment valorisant où l’enfant prend la parole et la place. »

Fête de la curiosité

Interrogée sur la loi québécoise qui interdit le travail avant 14 ans, Lan Anh clarifie : « On ne se positionne pas dans ce débat. Ce que nous proposons, c’est une démarche ludique, éducative et non compétitive. Ce n’est pas du travail au sens légal, c’est une fête de la curiosité. »

Pour éviter toute dérive, l’organisation a mis en place des garde-fous : outils pédagogiques, soutien aux familles, aucune récompense liée au profit. « On encourage l’expérimentation, pas la productivité. Ce n’est pas grave si ça ne rapporte rien. Ce qui compte, c’est ce que l’enfant en retient », rajoute la directrice générale.

Lan Anh nous partage à un moment de notre échange, quelques histoires marquantes, dont celle d’une jeune fille autiste qui lui a confié : « Même si je suis différente, j’ai réussi à parler aux gens et à présenter mes produits. » Une autre, âgée d’à peine dix ans, a lancé une entreprise de récupération de jouets qui redistribue une partie des gains à une œuvre caritative.

Les écoles, elles aussi, y trouvent leur compte. De plus en plus d’établissements collaborent avec La grande journée des petits entrepreneurs pour organiser des marchés locaux. L’initiative complète les apprentissages en misant sur le concret, l’autonomie et le plaisir.

Faut-il revoir la loi pour mieux intégrer ce type d’initiatives ? Lan Anh n’a pas de réponse tranchée. Mais elle le sait : « Quand un enfant a une idée, il faut l’encourager à y croire. Se lancer, ce n’est pas juste vendre, c’est découvrir qu’on est capable. »

Crédit photo – Caroline Dostie


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