Jean-Simon Brisebois : 20 ans… et l’art dans le sang !

Frédérique Lapointe | Dossier Culture

Parfois, l’art devient une bouée de sauvetage. Jean-Simon Brisebois, auteur et poète depuis qu’il a 17 ans, peut le confirmer. Entre la DPJ, les mauvaises fréquentations et les problèmes de santé mentale, il le dit souvent : écrire a sauvé sa vie.

Le 22 avril 2026, celui qui est aujourd’hui dans la quarantaine a célébré ses 20 ans de carrière. Plus qu’une célébration, cet événement a été l’occasion de souligner l’impact que son art a eu sur sa vie et sur celles des autres.

Cette soirée rétrospective, qui s’est déroulée au Café Graffiti, lui a permis de revisiter son œuvre, de renouer avec ses collègues dans le milieu des arts, et de mettre en valeur la beauté de son écriture, même lorsqu’elle explore des zones plus sombres.

Sur une table au fond de la pièce, les invités ont pu retrouver ses recueils passés et présents, notamment son dernier ouvrage intitulé « Au nom d’un père », qui aborde sans détour les thématiques du suicide et de la relation père-fils.

Pouvoir salvateur

Le premier mot qui vient en tête à Jean-Simon face à cet accomplissement, c’est « fierté ». Il crédite également sa persévérance ainsi que son engagement social, ce qui lui a permis de continuer à écrire pour exorciser ses démons.

Au fil de son œuvre, il a réussi à paver son chemin. Multipliant les rencontres déterminantes, il a élargi son arsenal de recueils avec des écrits personnels et percutants.

À travers des thèmes comme la santé mentale, l’empathie ou la spiritualité, il couche sa vie sur le papier, mais aussi sa vision du monde. « Pour l’estime de soi, c’est le plus beau des métiers, confie-t-il. On peut se faire comprendre par d’autres et se comprendre soi-même. »

Sa sœur, Claudine Dunn, active dans le milieu du cinéma, est la première à affirmer haut et fort la fierté qu’elle éprouve pour son frère. « Je suis contente que les gens croient encore en lui, dit-elle, d’autant plus que des obstacles ont dû être enjambés. On n’a pas eu une jeunesse facile. Ces difficultés nous ont poussés à avancer de plus en plus, c’est ça qui est important. »

Socialisation de l’art

À cette soirée, on se sent comme une grande famille. Des proches sont là, certes, mais également des artistes et des collègues qui souhaitent souligner l’exploit de leur comparse, et célébrer l’importance de son art.

Certains le suivent depuis ses débuts. Carl Tremblay, musicien harmoniciste, a connu un Jean-Simon de cinq ans au Festival de jazz de Montréal. Des années plus tard, le lien qui les unit est encore intact.

D’autres se remémorent des rencontres sur les réseaux sociaux, dans des activités de bénévolat, ou encore dans les bars. Maxime Guertin, poète depuis 31 ans, raconte comment les deux artistes se sont trouvés sur Facebook. Blue, chanteuse de blues et de jazz, décrit l’instant où ils se sont rencontrés dans un bar où elle chantait. Jean-Simon avait lui-même pris le micro pour l’occasion. « Une voix de malade ! » se rappelle-t-elle.

Bernard Houle, autoproclamé « retraité, mais non retiré », ressent une grande inspiration face à la persévérance d’un artiste et ami comme Jean-Simon. « Il accomplit ce qu’il espère, et il persiste, lâche-t-il. Sa démarche a déteint sur moi. »

Bref, il y a parmi les invités une effervescence, une source d’espoir. Une preuve qu’avec de la détermination, un artiste peut se dépasser et réaliser des rêves à première vue inatteignables.

Pendant la soirée, musiciens et poètes se succèdent au micro pour rendre hommage à leur ami et créer un souvenir durable. Carl sort son harmonica pour jouer un morceau entraînant. Une amie de Jean-Simon, armée de sa guitare acoustique, chante sous les acclamations de la petite foule rassemblée dans le local. Blue interprète une version a capella d’Hallelujah, de Leonard Cohen.

Ainsi, les 20 ans de carrière de Jean-Simon Brisebois ne sont pas qu’un seul hommage de l’œuvre d’un artiste, aussi prolifique soit-elle. C’est le symbole de l’art qui persiste malgré les embûches personnelles et économiques. Et même si nous n’étions pas nombreux, l’effervescence était à son comble. C’est là où se situe la beauté d’un art qui, sans attirer des foules de millions de personnes, mérite d’être célébré et reconnu comme une incarnation de ce que l’humain fait de mieux : la transmission des émotions, et ce, d’un cœur à l’autre.

La poésie de Jean-Simon est disponible auprès des Éditions TNT.

Photo fournie par Jean-Simon Brisebois


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Frédérique Lapointe
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Frédérique Lapointe est une journaliste et créatrice de contenu basée à Montréal. Écrivaine dans l’âme et rédactrice de journaux intimes de son enfance à son adolescence, elle a commencé à s’intéresser à l’écriture journalistique lors de ses études au Collège André-Grasset. Passionnée de culture (cinéma, musique et littérature), Frédérique est également détentrice d’un baccalauréat en études cinématographiques à l’Université Concordia, d’où elle a gradué à l’été 2024. Là-bas, elle apprend l’art de l’analyse et le pouvoir de l’écriture à travers les mots et l’engagement politique et personnel. À travers le cinéma, elle s’intéresse au monde qui l’entoure et à ses milliards de vies humaines, toutes plus uniques les unes que les autres. En 2024, elle est admise dans le programme DESS en journalisme — niveau maîtrise à l’Université de Montréal. Là, elle complète un stage au média indépendant des étudiantes et étudiants de l’UdeM, Quartier Libre. Après la complétion de ce stage en décembre 2025, elle intègre l’équipe de Reflet de Société à titre de journaliste indépendante. Frédérique Lapointe est passionnée par tout ce qui a attrait aux enjeux actuels et à la justice sociale. Elle espère qu’à travers ses histoires et son écriture, les lecteur·ice·s se sensibiliseront aux enjeux de notre époque et qu’ils bénéficieront d’un travail journalistique complet, recherché et impartial. Pour Frédérique, le savoir est plus qu’une arme : c’est une nécessité. À travers son travail, elle cherche à donner une voix à celles et ceux qui n’en ont pas et est déterminée à poser sa pierre à l’édifice du journalisme indépendant, ancré dans le social et la relation avec les citoyennes et citoyens.

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