Une tabagie, un livre, une rencontre 

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Oumou Diakité | Dossier Culture

La Librairie La Liberté, c’est d’abord une histoire de famille qui prend racine en 1945, à Granby. Le grand-père, Arthur Laliberté, y possédait alors une tabagie. Son fils Lucius Laliberté, formé dans le domaine commercial, décide d’y ajouter des rayons de livres et, dans les années 1950, finit par racheter l’entreprise paternelle.  Cette dernière appartient aujourd’hui à son propre fils, Christian Laliberté, qui travaille étroitement avec sa fille Éléna depuis de nombreuses années.

À cette époque, un événement marquant survient : l’arrivée d’une nouvelle employée qui deviendra bien plus qu’une collègue — sa conjointe et partenaire de route, Denise Poirier-Laliberté. Une alliance de cœurs et d’idées, qui posera les bases de ce que la librairie deviendra au fil du temps.

La capitale culturelle

Le déménagement de la librairie à Québec en 1965 n’est pas anodin. À cette époque, Granby ne dispose pas d’institution d’enseignement artistique secondaire.

« Mon père cherchait un lieu où la culture pouvait s’ancrer durablement, où la librairie aurait sa place comme espace de connaissance et de fond », explique Christian Laliberté.

Québec s’impose alors naturellement, avec son effervescence intellectuelle et son ouverture vers les maisons d’édition européennes. Notamment celles qui promeuvent la francophonie.

Implantée dans le périmètre d’institutions éducatives, la librairie devient un lieu de rayonnement. Elle choisit de miser sur la librairie de fond — un espace de diversité éditoriale, allant au-delà des nouveautés grand public.

« Ce modèle implique une surface suffisante, une clientèle spécialisée, et une vision à long terme : c’est un engagement. »

Entre commerce et culture 

Depuis toujours, la Librairie La Liberté refuse de se réduire à une logique purement commerciale.

« Le livre est un produit culturel. On ne peut pas juger la rentabilité comme on le ferait pour un produit de consommation courante. Une librairie, c’est aussi un engagement dans la société. »

Fidèle à cette idée, l’équipe jongle entre l’ancrage local et l’ouverture à l’international. L’objectif : proposer ce qui est difficilement accessible ailleurs, donner au lecteur l’occasion de découvrir, de penser, de se nourrir.

La librairie devient un lieu de rencontre intellectuelle, mais aussi sociale, où le conseil personnalisé l’emporte sur l’algorithme. Et ça, nous l’avions déjà entendu de la part de Thomas Genin-Brien.

Une nouvelle génération

Si l’histoire familiale se poursuit, ce n’est pas sans adaptation. La transmission entre générations est au cœur de l’identité de cette librairie qui, nous citons : « Il faut aussi écouter les nouvelles idées. La nouvelle génération a beaucoup à nous apprendre. »

Éléna, la fille de Christian, fait partie de cette nouvelle vague de passionnés qui vont continuer de faire vivre cet endroit.

Bref. Les librairies de quartier ne sont pas en voie de disparition. Leurs modèles vont changer pour s’adapter à notre époque, mais vous en croiserez toujours une à travers les régions du Québec.

PHOTO: Christian et Elena Laliberté. Crédit photo: Marie-Anne Gendron


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Luca Lazylegs Patuelli débute une nouvelle collection: Conte jeunesse. Son premier titre est Funky, le canard qui rêve de danser. Luca est un athlète olympique international. Il a été présent lors des Jeux olympiques de Vancouver ainsi que ceux de Paris.

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Oumou Diakité
Oumou Diakité
Oumou Diakité est journaliste, auteure et créatrice de contenus basée à Montréal. Issue d’une formation en communication plurimédia (IGC Business School) et détentrice d’un DESS en journalisme de l’Université de Montréal, elle développe une écriture à la croisée du documentaire, du narratif et de l’engagement social pour ses travaux journalistiques. Elle débute dans les domaines de la communication digitale et du marketing éditorial en 2022, notamment en tant qu’assistante marketing digital chez Ouest-France. Parallèlement, elle affine son identité de rédactrice engagée au sein du média Les Raisonné.e.s, où elle conçoit des campagnes centrées sur des enjeux de responsabilité sociétale, identitaire et environnementale. Elle y développe une approche sensible du branding éditorial en mobilisant des techniques d’écriture narrative et inclusive. Dès 2022, Oumou Diakité est nommée journaliste éditorialiste pour Metaverse Tribune, où elle couvre des événements professionnels, mène des entretiens et développe de nouveaux formats numériques. Elle rejoint en mai 2025 l’équipe de Reflet de Société / Journal de la rue comme journaliste terrain en traitant des sujets liés à l’inclusion, à la précarité et à la jeunesse, dans une perspective humaine et sociale. Et il y a bien d’autres thématiques. Auteure du recueil de nouvelles Journal (im)personnel publié aux éditions Le Lys Bleu, Oumou explore la scène artistique en signant une adaptation théâtrale de ce texte jouée à Montréal. Elle dirige en parallèle racont ars, un média personnel où elle documente, à travers reportages et portraits, les récits de vie et les mondes imaginaires souvent absents des grands circuits médiatiques. Oumou Diakité maîtrise le français (langue maternelle), l’anglais et l’espagnol (niveaux intermédiaires), sait lire et écrire l’arabe.

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