Par Colin McGregor | Dossier Politique
À 8 800 kilomètres de l’endroit au Moyen-Orient où des enfants meurent dans des décombres, je me retrouve sous un chapiteau avec une quarantaine de personnes. Assis en cercle se trouvent les organisateurs du groupe « Hochelaga pour la Palestine ». Ils se focalisent sur la politique du Moyen-Orient – et d’ici.
Depuis sa formation au début de 2024, le groupe est très actif. Coordonnés avec le campement de l’Université McGill, ils sont, selon leurs propres mots, « Un collectif de résidents d’Hochelaga de divers horizons. Nous nous sommes réunis pour agir localement, dans notre quartier, contre le génocide du peuple palestinien par l’État d’Israël ».
Le groupe Hochelaga pour la Palestine fait partie d’un réseau pancanadien qui se mobilise pour interpeller des députés fédéraux libéraux pour qu’ils adoptent une position ferme contre la guerre actuelle d’Israël dans la bande de Gaza et pour la défense des droits des Palestiniens.
Justin Trudeau, dans ses appels à un cessez-le-feu à Gaza, n’est pas allé assez loin pour s’opposer aux crimes de guerre israéliens. Les membres du groupe et leurs supporters ont donc fait sentir leur présence en manifestant lors de certaines activités de collecte de fonds et d’assemblées organisées par Soraya Martinez Ferrada, députée d’Hochelaga et membre du cabinet Trudeau. La ministre du tourisme actuelle est ciblée parce que, selon l’un des organisateurs d’Hochelaga pour la Palestine, John Hutton, « elle assure la couverture politique du gouvernement. »
Le comité et leurs dévoués ont manifesté lors d’une collecte de fonds qu’elle a organisée à l’occasion de la Journée internationale de la femme, ainsi que lors de son brunch annuel dans sa circonscription. D’autres actions de ce type sont prévues à l’avenir.
Lors de la réunion, les organisateurs expliquent tranquillement, à voix basse, qu’un génocide est en cours à Gaza et qu’il est du devoir de chaque citoyen d’y mettre un terme. Une solution à deux États n’est pas suffisante : la seule solution est un État unitaire où tout le monde, Palestiniens et Juifs, sont des citoyens égaux. « Du fleuve à la mer » scandent-ils lors de leurs rassemblements, c’est-à-dire du Jourdain à la Méditerranée – sur toute la largeur de l’actuel État d’Israël. Les voix sont pacifistes et fortes.
Ils exigent en priorité un embargo sur la vente d’armes en Israël.
Un jeune homme demande aux organisateurs « Pourquoi ne prêchons-nous pas la résistance violente ? Les Israéliens utilisent des armes. Pourquoi pas nous ? » On explique qu’à gauche de l’échiquier politique, le discours est toujours plus pacifiste. « Nous ne préconisons pas l’agression armée pour corriger un tort déjà marqué par la violence. »
Un mouvement pacifiste pour s’opposer à une guerre qui est tout, sauf pacifiste.
Les images dont nous sommes témoins à la télévision et sur Internet ont motivé les gens du monde entier à agir. Le campement de McGill a peut-être été démantelé, mais il en existe plus d’une douzaine au Canada et plus de 100 aux États-Unis.
Hochelaga-Maisonneuve est un quartier ouvrier de l’est de Montréal avec une longue histoire d’activisme social. Il n’est pas à l’abri des dures réalités d’un massacre si lointain, et de la destruction de tout un peuple avec de forts liens au Québec.
Tout ça souligne comment nous sommes tous membres de la même famille humaine.
Photo: Colin McGregor
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